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Référence : CDA30027 0034571300276 - 1 CD 58:09 - DDD - Enregistré ls 1 et 2 décembre 1984 - Notes en français, anglais et allemand En vente sur ce site depuis le 7 octobre 2010 Date parution numérique : 5 octobre 2010
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VIVALDI Antonio Concerto for two mandolins, strings and continuo in G major, RV 532 1 - 1 I. Allegro (4mn 14s )
1 - 2 II. Andante (3mn 59s )
1 - 3 III. Allegro (3mn 57s )
Trio for violin, lute and basso in G minor, RV 85 1 - 4 I. Andante molto (3mn 56s )
1 - 5 II. Larghetto (2mn 47s )
1 - 6 III. Allegro (1mn 56s )
Concerto for mandolin, strings and continuo in C major, RV 425 1 - 7 I. Allegro (2mn 44s )
1 - 8 II. Largo (2mn 01s )
1 - 9 III. Allegro (2mn 17s )
Concerto for two violins, lute and basso in D major, RV 93 1 - 10 I. (Allegro) (3mn 26s )
1 - 11 II. Largo (3mn 48s )
1 - 12 III. Allegro (2mn 13s )
Trio for violin, lute and basso in C major, RV 82 1 - 13 I. Allegro non molto (3mn 30s )
1 - 14 II. Larghetto (3mn 56s )
1 - 15 III. Allegro (2mn )
Concerto for viola d'amore, lute, strings and basso in D minor, RV 540 1 - 16 I. Allegro (5mn 12s )
1 - 17 II. Largo (2mn 56s )
1 - 18 III. Allegro (3mn 07s )
La popularité de la musique de Vivaldi n’a cessé
de grandir durant les quarante dernières années;
des enregistrements des Quatre Saisons se vendent
maintenant en plus grand nombre que certains morceaux
les plus rabâchés du répertoire romantique. Et pourtant la
réhabilitation de Vivaldi est en grande partie un phénomène
unique. Si l’on excepte Albinoni, il n’y a pas eu de renaissance
de la musique des importants contemporains italiens
de Vivaldi. Les œuvres de compositeurs comme Durante,
Astorga et Galuppi, qui étaient de leur vivant aussi populaires
sinon plus que Vivaldi, demeurent dans l’obscurité
des bibliothèques.
Pour aussi plaisant que ce soit de voir la
musique d’un compositeur baroque figurer parmi les Top
50 américains, la popularité moderne de Vivaldi ne nous
rend pas sa musique plus facile à comprendre, puisque son
contexte nous demeure étranger. De plus, sa carrière de
professeur dans un ospedale vénitien et ses liens solides
avec l’Europe septentrionale semblent avoir produit une
collection de musique instrumentale exceptionnelle pour
un compositeur italien de cette époque. Aucun autre Italien
n’a écrit de musique pour des instruments comme le chalumeau,
la clarinette, le basson, le cor et la viole d’amour. Les
concertos et les trios de Vivaldi pour instruments à cordes
pincées sont particulièrement difficiles à cet égard, puisque
nous avons si peu de renseignements quant à la raison de
leur composition ou à leur date. En ce qui concerne les
œuvres pour luth, nous ne sommes même pas sûrs de
l’instrument auquel pensait Vivaldi en les écrivant. Et il
n’existe aucune autre collection contemporaine pour nous
aider à hasarder une conjecture.
Commençons par le dernier point, les quatre œuvres de
Vivaldi pour luth ont toutes été écrites de façon similaire,
avec une partie principalement en ligne unique à notation
en clef de sol. C’est un idiome qui a beaucoup plus en
commun avec la musique pour mandoline et avec la
composition pour violon qu’avec la texture entièrement
polyphonique qui caractérise la musique baroque pour luth d’Europe septentrionale. Les parties sont généralement
jouées, de nos jours, telles qu’elles sont sur la guitare ou le
luth de Renaissance, ce qui présume que la clef de sol
devrait être lue un octave plus bas, comme dans la musique
moderne pour guitare. Mais il y a très peu d’évidence pour
affirmer que c’était la façon d’agir du temps de Vivaldi,
excepté dans la musique pour concert destinée au théorbe à
long manche, où les passages solo en clef de sol alternent
avec des passages de basse chiffrée. Le fait que trois des
œuvres pour luth de Vivaldi, les deux trios et le concerto en
ré majeur, ont des passages où le luth double les violons au
lieu de la basse, nous permet de présumer qu’ils furent
composés pour le théorbe.
Les manuscrits de ces trois œuvres pour luth sont
dédicacés à un noble bohémien, le Comte Johann Joseph
von Wrtby (1669–1734). Cela a fait penser qu’elles furent
composées pour une forme de luth universel en Autriche et
en Allemagne à l’époque, le luth à onze ou treize séries de
cordes. Mais la musique baroque allemande pour luth, telle
que les compositeurs Weiss et Kohaut l’écrivaient, a une
texture complète, dont la mélodie est soutenue par des
accords entiers et une ligne de basse continue; elle est
toujours écrite en tablature. Il est évidemment possible que
Vivaldi, peu au fait avec la musique allemande pour luth, ait
simplement esquissé les parties, laissant au comte, ou à
quelque musicien travaillant pour lui, le soin de les adapter
à l’instrument. Mais nous n’avons aucune évidence pour
justifier cela. Et il est plus simple de penser qu’il écrivait
cette musique telle qu’il la pensait, d’autant plus qu’il
existait un instrument italien contemporain qui correspond
à la musique telle qu’elle est.
Durant les périodes de la Renaissance et baroque, des
instruments soprano à cordes de la famille du luth étaient
très populaires en Italie. Plusieurs manuscrits du début
du dix-huitième siècle montrent que la notation de leur
musique était écrite en clef de sol; il n’y a qu’à regarder les
tableaux du contemporain vénitien de Vivaldi, Pietro Longhi, pour voir que les instruments de ce genre étaient communs
dans la cité à cette époque. II est indéniable que d’autres
sources donnent aux luths soprano à cordes le nom de
«mandore», «mandola» ou «mandolino», mais il est
tout à fait possible que la terminologie de Vivaldi ait été
délibérément ou involontairement ambiguë. Pour dire la
vérité, il n’y a pas assez d’évidence pour trancher la question
de manière définitive. Mais nous pensons que l’identification
du leuto de Vivaldi avec le luth soprano à cordes joué
avec les doigts et son mandolino avec un instrument
similaire joué avec un plectre offre la solution la plus
érudite et pratique à un problème ardu.
L’œuvre qui semble être une exception est le double
concerto en ré mineur pour viole d’amour et luth. Nous
savons qu’il fut écrit pour un concert donné à l’Ospedale
della Pietà, l’hospice où enseignait Vivaldi, le 21 mars 1740,
en l’honneur de la visite du Prince-Electeur de Saxe,
Frédéric Christian. Le fait que le concerto en ré mineur est
beaucoup plus galant que les autres oeuvres pour instruments
à cordes pincées suggère que ces dernières sont
antérieures—nous savons que le Comte Wrtby mourut en
1734. Le manuscrit autographe recommande au luthiste
d’entrer dans le jeu de la basse dans les sections tutti, ce qui
mène à penser que dans ce cas-là, l’instrument était à
l’octave plus bas. Peut-être un luthiste allemand accompagna-
t-il le Prince. Le son de la musique est plus agréable
lorsque le luth est joue plus bas que la viole d’amour,
surtout dans le mouvement lent. Paul O’Dette l’a joué sur
un luth baroque pour cet enregistrement.
Il reste à discuter un des aspects des interprétations de
ce disque—il s’agit de I’utilisation d’un orgue continuo au
lieu d’un clavecin, plus généralement utilisé. Il semble en
fait que l’orgue figurait beaucoup plus dans la musique
instrumentale de Vivaldi qu’il n’est réalisé. Une grande
partie de sa musique—concertos et sonates—fut écrite
pour être jouée dans la Chapelle de la Pietà; une sonate
pour violon, hautbois et chalumeau, récemment découverte,
a une partie complexe écrite pour orgue. Du point de
vue pratique, le clavecin est un accompagnement discordant
pour le luth, tandis que l’orgue et le luth ont été des
compagnons constants sur les lignes continuo depuis
Monteverdi.
La musique de Vivaldi, tour à tour délicieusement
spirituelle ou pleine de pathos, n’a nul besoin de longues
explications; et il n’y a pas à défendre son compositeur de
l’absurde accusation d’avoir écrit le même concerto six
cents fois. S’il est vrai que sa musique est parfois extraordinairement
simple comparée à celle de ses contemporains
d’Europe septentrionale, c’est une simplicité faite
de contrastes violents et hauts en couleur, caractéristiques
de l’art vénitien—qui se rapproche des pièces de la
Commedia dell’Arte de Goldoni, ou des tableaux au genre
vigoureux de Longhi.