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Référence : CDA30018 0034571300184 - 1 CD 73:31 - DDD - Enregistré en janvier et septembre 2000 en la Salle Symphonique de Birmingham - Notes en français, anglais et allemand En vente sur ce site depuis le 7 octobre 2010 Date parution numérique : 5 octobre 2010
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Jeune homme, Saint-Saëns défendit hardiment des
figures progressistes et controversées comme
Schumann, Liszt ou Wagner, mais il paraît aujourd’hui
surprenant qu’il ait lui-même été considéré comme un
des compositeurs les plus novateurs de son époque. Si sa
Danse macabre nous fait l’effet d’une simple fantaisie,
imaginative mais bien inoffensive, son exécution sous la
direction de Pasdeloup en 1875 suscita un feu roulant de
sifflets et de huées de la part du public. Dans son
autobiographie, le compositeur américain Arthur Foote se
souvint combien la musique de Saint-Saëns « [leur]
paraissait d’une stupéfiante nouveauté», tandis que le
critique Georges Servières relevait que ses ouvrages les plus
académiques avaient toujours quelque chose de fantaisiste.
Par la suite, Saint-Saëns afficha néanmoins une
révérence de plus en plus marquée à l’égard de
la tradition, alors que ses contemporains progressistes
empruntaient des voies de plus en plus radicales. Il fut
alors considéré comme un pilier de la culture nationale,
comme le grand et vieil homme de la musique française,
et fut même convié à l’inauguration d’une statue en son
honneur. Horrifié par les développements musicaux de la
fin du XIXe et du début du XXe siècle – tels que les
incarnaient notamment Debussy et Stravinski – il
exprima de manière virulente son hostilité à l’égard de
ces nouvelles tendances dans des articles comme
«L’Anarchie en musique», se condamnant ainsi au
ridicule et au mépris. Parallèlement, son propre style
musical, policé et retenu, semblait démodé au côté
d’ouvrages révolutionnaires comme le Prélude à l’après-midi
d’un faune, Le Sacre du printemps ou le Pierrot
lunaire. Comme le fit remarquer le compositeur et
critique Alfred Bruneau dans l’hommage qu’il lui rendit
à son enterrement, la tradition le captivait plus que l’innovation; et il la défendait avec vivacité, courage et
une extraordinaire virulence lorsqu’il la sentait menacée.
Ses écrits au vitriol contribuèrent certainement à
faire tomber Saint-Saëns en défaveur, et à encourager
l’opinion partiale (toujours privilégiée aujourd’hui) selon
laquelle il aurait été un compositeur vieux jeu et donc
inintéressant. Pour estimer à sa juste valeur l’importance
de sa contribution à la musique du XIXe siècle, il nous
faut oublier ses essais les plus belligérants et juger en
elle-même une production abondante et diversifiée.
[…]