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Référence : CDA30008 0034571300085 - 1 CD 58:12 - DDD - Enregistré en novembre 1987, janvier 1988 et février 1989 en l'église St Jude-on-the-Hill, Hampstead, Londres - Notes en français, anglais et allemand avec les textes chantés en français ou latin et traduction anglaise En vente sur ce site depuis le 7 octobre 2010 Date parution numérique : 5 octobre 2010
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Né le 12 mai 1845 à Pamiers (Ariège), Fauré intégra à
neuf ans l’École Niedermeyer de Paris, où il reçut une
formation de musicien d’église, avec de solides bases
en plain-chant et en harmonie modale—deux marques
du style de sa maturité. Dans les classes de piano tenues
par Saint-Saëns, il se familiarisa avec les courants
compositionnels contemporains. Diplômé en 1866, il
devint tour à tour organiste de Saint-Sulpice et maître de
chœur (puis finalement organiste aussi) de la Madeleine.
En 1896, il fut nommé professeur de composition au
Conservatoire de Paris mais cette carrière d’organiste, de
maître de chœur et de professeur particulier le lassa et il
ne s’épanouit qu’à soixante ans, quand on le nomma
directeur du Conservatoire. Il mourut à Paris le 4
novembre 1924, à l’âge de soixante-dix-neuf ans.
Bien que Poulenc l’ait méchamment rejeté («l’une
des seules choses que je haïsse en musique», déclara-t-il),
le Requiem est incontestablement une des œuvres les
plus populaires de Fauré, qui l’envisagea en 1887, jetant
quelques idées au hasard dans une série de calepins. Leur
lecture nous révèle qu’il fut conçu, et sa première partie
notée, en ut mineur—un ton plus bas que celui des trois
versions qui seront finalement achevées. Une assez plate
tentative de «Pie Jesu» en la mineur (revenant un peu
trop volontiers et souvent à sa tonique) vit également le
jour, mais Fauré lui préféra la belle mélodie en si bémol
majeur présente dans les trois versions (1888, 1893,
1900).
La messe de requiem de Fauré est unique : elle
n’adhère pas au texte liturgique consacré par l’usage et
comme la mort était, pour le compositeur, une paisible
délivrance de la vie terrestre, les horreurs du Jour du
jugement dernier y sont presque tenues pour quantité
négligeable. Le «Dies irae», dont Verdi brossa les
tourments dans les termes les plus frappants, se réduit à
une brève interpolation dans le «Libera me» («Délivre-moi Seigneur, de la mort éternelle»), d’où une œuvre
sereine et contemplative, au texte choisi à dessein pour
mettre en relief le mot «requiem».
Fauré n’avait aucune raison particulière d’écrire
de Requiem mais, en tout début de rédaction, sa
mère mourut et la première exécution, à la Madeleine,
le 16 janvier 1888, fut un opportun mémorial.
Seuls cinq mouvements étaient prêts («Introït et
Kyrie», «Sanctus», «Pie Jesu», «Agnus Dei» et «In
paradisum») et les forces requises étaient modestes : un
chœur mixte (avec ténors et basses divisés), une voix solo
de treble ou de soprano et un orchestre incluant des
cordes graves (altos, violoncelles et contrebasses), une
harpe, des timbales et un orgue. Il y a un solo de violon
dans le «Sanctus» et la partie d’orgue, essentielle, est
continue.
En 1889, Fauré acheva l’«Offertoire» (qu’il réutilisera
en partie dans son Prélude pour piano n°9 op. 103) et
reprit un «Libera me» vieux de douze ans, un morceau
indépendant originellement écrit pour baryton et orgue.
Des cors, des trompettes et des trombones furent adjoints
à l’orchestre—avec, pour les premiers, un rôle
particulièrement important dans le «Libera me» et une
impressionnante fanfare dans le «Sanctus». Cette
version en sept mouvements, avec ajout d’un baryton
pour les deux nouvelles sections, fut présentée, toujours à
la Madeleine, le 21 janvier 1893.
Ce fut seulement le 12 juillet 1900 que le troisième et
dernier état du Requiem fut joué au Trocadéro, avec des
bois ajoutés à l’orchestre et un ensemble complet de
violons dans le «Sanctus», l’«Agnus Dei», le «Libera
me» et l’«In paradisum». On ignore, cependant, dans
quelle mesure, au juste, Fauré s’impliqua dans cette
mouture. L’orchestre est devenu lourd et on a pris
des libertés avec l’instrumentation—on étant peut-être
Roger-Ducasse, l’élève de Fauré. Difficile de croire qu’un compositeur aussi exigeant que Fauré eût approuvé cette
version. Celle de 1893 enregistrée ici nous apparaît
comme le compromis le plus convaincant.
Pour Jean Chantavoine, cette œuvre est «une image
paradisiaque, sans nulle trace de tourment ni de doute,
ni même, presque, de deuil». Son caractère empêchait
Fauré de s’atteler à une peinture détaillée de l’Enfer, dans
un «Dies irae», ou de brosser une terrifiante scène
d’angoisse. Seule le souciait la beauté de sa musique. Les
terreurs de la vie après la mort sont tout juste effleurées
et, en l’absence de toute notion de purgatoire, la quiétude
de l’«In paradisum» final diffère d’une œuvre comme
The Dream of Gerontius, par exemple. La musique du
Requiem fauréen évoque le réconfort, appuyé sur la
nature fondamentalement bonne qui est en toute chose.
Le Cantique de Jean Racine, dédié à César Franck, est
une œuvre ancienne, datée de 1865. Toute en retenue,
pour chœur mixte à quatre parties et orgue, elle valut
à Fauré le premier prix de composition à l’École
Niedermeyer, où il était encore élève.
La Messe Basse (un titre malheureux car une «messe
basse» est, à strictement parler, sans musique) eut une
genèse encore plus complexe que celle du Requiem.
Fauré l’entreprit en 1881 en collaboration avec André
Messager (surtout connu, peut-être, pour son ballet
Les deux pigeons et pour son opéra Madame Chrysanthème). Des cinq mouvements, trois furent
signés de Fauré («Gloria», «Sanctus», «Agnus Dei») et
deux de Messager («Kyrie» et «O salutaris»). Le tout fut
écrit pour un chœur féminin à trois parties avec solistes,
accompagné par un harmonium et un violon solo même
si, peu après la création, une orchestration fut menée à
bien, surtout par Messager (Fauré, lui, instrumenta
l’«Agnus Dei»). La dernière version—sans les mouvements
de Messager mais avec un nouveau «Kyrie»
de Fauré et un «Benedictus» fondé sur une partie
de « Gloria » désormais abandonné—fut achevée en
décembre 1906. Dans cette mouture en quatre
mouvements (celle enregistrée ici), l’orgue vint
remplacer l’accompagnement orchestral. La musique,
entièrement de Fauré, est techniquement peu exigeante et
dégage un charme bien français.
Les deux courts motets datent de 1894, quand Fauré,
qui n’était pas encore professeur au Conservatoire, était
en charge de la musique à la Madeleine. Le Tantum ergo
pour chœur féminin à trois parties avec solistes et
accompagnement d’orgue, est l’une des trois versions
qu’il fit de ce texte. L’Ave verum est un duo pour soprano
et contre-ténor (ou ténor et baryton) avec orgue. Tous
deux ne manquent pas de charme, même s’ils sont un
peu simplistes.