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Référence : CDA30004 0034571300047 - 1 CD 63:54 - DDD - Enregistré en mai 1990 - Notes en français, anglais, allemand En vente sur ce site depuis le 7 octobre 2010 Date parution numérique : 5 octobre 2010
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Toccata et Fugue en ré mineur, BWV 565 Toccata, Adagio et Fugue en ut majeur, BWV 564 Toccata et Fugue en fa majeur, BWV 540 Toccata et Fugue en ré mineur, BWV 538 "Dorienne" Passacaille en ut mineur, BWV 582
Christopher Herrick, orgue Metzler, Stadtkirche, Zofingen (Suisse)
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Johann Sebastian Bach Les Toccatas et Passacaille pour orgue
Les œuvres pour orgue de J. S. Bach enregistrées
ici sont totalement différentes du genre de
musique généralement associé à un contexte
liturgique. La liste des instructions pour l’ordre du service
divin à Leipzig en 1723, ainsi que d’autres documents
contemporains, nous montre l’organiste introduisant (ou
«préludant») les chorals, comme on s’y attend, et jouant
d’autres «préludes» en alternance avec les versets
chantés. D’autres solos d’orgue introduisaient les parties
chorales du service—motets et cantates. Cela servait,
comme le dit avec pittoresque Mattheson en 1720, à fixer
dans l’esprit des chanteurs le ton qui suivait et permettait
aux musiciens d’accorder leurs instruments, sous le
couvert de l’orgue. Il y a aussi des références moins
précises à la possibilité (régulièrement ou de façon intermittente),
pour la musique d’orgue de commencer et de
terminer le service; on doit se rappeler que le service
religieux principal, à Leipzig, durant les années où Bach y
était Cantor, durait entre trois heures et demie et quatre
heures. Nous voyons donc ici l’usage régulier de plus d’un
prélude choral à chaque service, et une possibilité peut-être
moins régulière de préludes et fugues développés
(joués ensemble ou séparément).
Bien que Bach transcende
et développe tout ce qu’il écrit, il ne faut pas oublier
qu’il s’était attiré le mécontentement des autorités
d’Arnstadt en 1706 pour avoir composé des accompagnements
si compliqués pour les chorales que les fidèles les
suivaient avec difficulté; l’année précédente, à Leipzig,
(dix-huit ans avant que Bach n’y soit nommé) la longueur
du prélude d’orgue avant la communion avait donné lieu
à des admonitions. Il ne semble donc guère vraisemblable
qu’il ait été facile pour de longues pièces au style flamboyant
et à la technique aussi exigeante que les quatre
Toccatas et la Passacaille de trouver leur place dans un tel
contexte liturgique austère. Cependant, en 1745, cinq ans avant la mort de Bach, il est possible que les coutumes
aient été en voie de changement. En effet, Scheibe dans
son Der Critische Musikus, décrit toutes les occasions et
tout le temps dont l’organiste disposait pour faire preuve
de son talent, avant et après le service.
Pour quel usage ces pièces ont-elles donc été
composées ? Si l’on compte que les soirées-concerts (ou
Abendmusiken) de Buxtehude, à Lübeck, auxquelles
Bach allait pour étudier durant l’hiver 1705/6, étaient
l’exception plutôt que la règle, les seules occasions où un
organiste devait jouer dans des conditions de concert
étaient celles où il entrait en compétition pour un poste ou
pour l’examen et l’inauguration d’un nouvel instrument.
C’est pour une telle occasion que Bach utilisa la Toccata
«dorienne» BWV538, en septembre 1732, à Cassel; dès
1703 (quand il n’avait que 18 ans), il combina ces deux
occasions avec succès quand il «examina» l’orgue
d’Arnstadt avec une telle compétence qu’il obtint le poste
d’organiste.
Toute sa vie, Bach fut très recherché pour
l’examen de nouveaux instruments; et c’est en grande
partie grâce à cela que se répandit sa réputation de
musicien virtuose, doué d’une maîtrise originale et
stimulante de la régistration. Bach n’aurait pu composer
une meilleure musique dans ce but que ces œuvres à
nombreuses sections, qui offrent tant de possibilités de
démonstration—solos de pédales, dextérité manuelle,
variété de texture, virtuosité en contrepoint, ainsi que
l’exploration des possibilités d’un instrument—
d’emphase sur certaines sections soit séparément soit en
tandem, de changements fréquents de registration, depuis
certaines légères combinaisons à la recherche de sons
fondus jusqu’à un pleno à dense texture qui stimule toute
la soufflerie. A ce point, il serait bon de rappeler qu’en
Allemagne au temps de Bach (et encore de nos jours) il
était admis d’avoir un assistant pour aider à varier la gamme tonale. Nous avons suivi la tradition dans notre
enregistrement.
Dans ces quelques pièces, il est aisé de juger combien
Bach assimilait, enrichissait et unifiait les antécédents
formels et les styles nationaux qu’il étudiait. Il avait pu
faire son choix parmi les méthodes d’Allemagne du Nord,
grâce à son amitié avec Bohm à Lüneburg et grâce à
Reincken à Hambourg (1700–1702) et Buxtehude
(1705–1706), cependant que la proximité de Celle, à
Lüneburg, lui permit de connaitre la musique française
qui y était à la mode, et à laquelle il continua à s’intéresser
pendant ses années à Weimar. Il copia en effet les œuvres
pour orgue de Grigny, et l’Applicatio, BWV994 reproduit
des ornements d’après d’Anglebert. Dans sa jeunesse,
Bach avait largement copié le répertoire de l’Allemagne du
Sud de Froberger, Kerll et Pachelbel; quant à l’étude du
concerto italien à Weimar, à part la copie des Fiori
Musicali de Frescobaldi (1635) qu’il signa en 1714, elle
fut surtout un stimulant.
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