Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
CD I
Laut verkünde unsre Freude, cantate pour 2 ténors, basse, chœur d’hommes & orchestre, KV 623
Zerfliesset heut, geliebte Brüder, lied pour ténor, chœur d’hommes & orgue, KV 483
Lobgesang auf die feierliche Johannisloge (O heiliges Band), lied pour ténor, chœur d’hommes & piano, KV 148
Zur Gesellenreise, lied pour ténor & piano, KV 468
Ihr unsre neuen Leiter, lied pour ténor, chœur d’hommes & orgue, KV 484
Die Maurerfreude, cantate en mi bémol majeur pour ténor, chœur d’hommes & orchestre, KV 471
Ode funèbre et maçonnique, KV 477
Die ihr des unermesslichen Weltalls Schöpfer ehrt, petite cantate allemande pour ténor & piano, KV 619
Dir, Seele des Weltalls, o Sonne, cantate pour 2 ténors, basse, chœur d’hommes & orchestre, KV 429
Christoph Prégardien, ténor - Helmut Wildhaber, ténor - Gottfried Hornik, baryton - Peter Schneyder, basse
Chorus Viennensis - Wiener Akademie
Direction Martin Haselböck
(Enregistré en 1991 à Bratislava, République de Slovaquie. Licence Novalis/AVC Suisse)
CD II
Adagio, KV 410
Chamber Choir of Europe, direction Nicol Matt
(Enregistré en novembre 2002, Vieille église de Fautenbach, Allemagne)
Adagio en si bémol majeur, KV 411
The Chamber Orchestra of Europe, direction Alexandre Schneider
(Enregistré en 2001 à Rotterdam)
Fugue en do mineur pour 2 pianos, KV 426
Ursula Dütschler & Bart von Oort, pianoforte
(Enregistré en juillet 2001, Remonstrantse Doopsgezinde Kerke Deventer, Pays-Bas)
Adagio et Rondo en do majeur pour harmonica de verre, flûte, hautbois, alto & violoncelle, KV 617
Dennis James, harmonica de verre - Marc Grauwels, flûte – Paul Declerck, alto – Luc Dewez, violoncelle – Joris van der Hauwe, hautbois
(Enregistré en 1989, Mont St. Guibert, Belgique)
Sancta Maria, Mater Dei en fa majeur, KV 273
Teatro Armonico Stuttgart, direction Nicol Matt
(Enregistré en juillet 2001, Vieille église de Fautenbach, Allemagne)
Thamos, König in Ägypten, musique de scène pour soliste, chœur & orchestre pour le drame héroïque de Tobias Philipp Freiherr von Gebler, KV 345
Charlotte Lehmann, soprano - Oly Pfaff, ténor - Rose Scheible, alto - Bruce Abel, basse
Chœur & Orchestre de la Radio du Wurtemberg, direction Jörg Faerber
(Enregistré en mai 2002 à Zilina, République de Slovaquie. Licence Vox, Etats-Unis)
Ave verum corpus en ré majeur, KV 618
Teatro Armonico Stuttgart, direction Nicol Matt
(Enregistré en juillet 2001, Vieille église de Fautenbach, Allemagne)
Auf die feierliche Johannisloge, KV 148
Claron McFadden, soprano - Bart van Oort, pianoforte
(Enregistré en mai 2002, Remonstrantse Doopsgezinde Kerk, Deventer)
CD III
Concerto pour piano et orchestre n° 22 en mi bémol majeur, KV 482
Derek Han, piano - Philharmonia Orchestra, direction Paul Freeman
(Enregistré en 1993 au Henry Wood Hall à Londres, Grande-Bretagne)
Symphonie n° 39 en mi bémol majeur, KV 543
Mozart Akademie Amsterdam, direction Jaap Ter Linden
(Enregistré en août et décembre 2001, Pays-Bas)

a franc-maçonnerie de Mozart a été prétexte à la composition de pièces de circonstance mais aussi de sublimes et émouvantes partitions, allant de la musique funèbre à la célébration de la fraternité et de la paix. En voici l'intégralité – avec quelques extrapolations – qui représente un pan non négligeable de l'inspiration mozartienne.
Le texte d'accompagnement secoue diverses opinions concernant l'engagement franc-maçon du compositeur et la façon dont son symbolisme transparaît dans le processus de composition sur lequel on a argumenté à outrance, et invite l'auditeur à écouter cette splendide musique pour elle-même sans vouloir l'intellectualiser à chaque mesure.
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Détail des pistes :
MOZART Wolfgang Amadeus
Cantate «Laut verkünde unsre Freude», KV 623
1 - 1 Chœur
1 - 2 Aria
1 - 3 Duetto
1 - 4 Chœur
1 - 5 Lied «Zerfl iesset heut, geliebte Brüder», KV 483
1 - 6 Lied «Lobgesang auf die feierliche Johannisloge», KV 148
1 - 7 Lied «Zur Gesellenreise», KV 468
1 - 8 Lied «Ihr unsre neuen Leiter», KV 484
1 - 9 Cantate «Die Maurerfreude», KV 471
1 - 10 Ode funèbre et maçonnique, KV477
1 - 11 Cantate «Die ihr des unermesslichen Weltalls Schöpfer ehrt», KV 619
Cantate «Dir, Seele des Weltalls, o Sonne», KV 429
1 - 12 Chœur
1 - 13 Aria
1 - 14 Chœur
2 - 1 Adagio, KV 410
2 - 2 Adagio en si bémol majeur, KV 411
2 - 3 Fugue en do mineur pour 2 pianos, KV 426
Adagio & Rondo en do majeur pour harmonica de verre, flûte, hautbois, alto & violoncelle, KV 617
2 - 4 Adagio
2 - 5 Rondo
2 - 6 Sancta Maria, Mater Dei en fa majeur, KV 273
«Thamos, König in Ägypten», KV 345
2 - 7 Chœur, soli
2 - 8 Maestoso-allegro
2 - 9 Andante
2 - 10 Allegro
2 - 11 Allegro vivace assai
2 - 12 Chœur, soli
2 - 13 Chœur
2 - 14 Ave verum corpus en ré majeur, KV 618
2 - 15 «Auf die feierliche Johannisloge», KV 148
Concerto pour piano en mi bémol majeur, KV 482
3 - 1 Allegro
3 - 2 Andante
3 - 3 Allegro
Symphonie n° 39 en mi bémol majeur, KV 543
3 - 4 Adagio-allegro
3 - 5 Andante con moto
3 - 6 Menuetto
3 - 7 Allegro
Mozart franc-maçon
« Tout art est à la fois surface et symbole. Ceux qui creusent sous la surface le font à leurs risques et périls. Ceux qui interprètent le symbole le font à leurs risques et périls ». Comme on le voit, Oscar Wilde, dans sa préface du
Portrait de Dorian Gray, ne mâche pas ses mots.
Ainsi pour la musique de Mozart et ses implications en termes de symbolique maçonnique. On a écrit, écrit, écrit tant et si bien (et souvent : tant et si mal) sur ce sujet que le malheureux amateur, dans le sens strict du terme, a bien du mal à s’y retrouver parmi les centaines de livres, et les milliers d’articles disponibles sur Internet. De la simple remarque selon laquelle Mozart n’était devenu franc-maçon que pour meubler sa solitude, à l’analyse intergalactique de chaque accord ou de chaque bécarre trahissant des symboles maçonniques, faites votre choix, mesdames et messieurs, la foire est ouverte. Nous vous offrons donc l’occasion de remettre les compteurs à zéro, de manière à vous faire une petite opinion sur ce sujet qui, si l’on veut vraiment être sincère, est parfaitement inintéressant.
Mozart a 28 ans lorsqu’il entre, en 1784, dans l’une des nombreuses loges alors établies à Vienne :
Zur Wohltätigkeit (« La bienfaisance »). Si elle ne comptait encore que 32 membres, le chiffre allait plus que doubler un an plus tard, témoignage de son succès. L’une des caractéristiques remarquables de cette loge est qu’elle intégrait fort peu de nobles, une engeance de laquelle Mozart avait eu souvent à se plaindre. Etat des lieux en 1785 : 29 fonctionnaires (probablement de rang assez élevé), 8 professeurs d’université, 7 ecclésiastiques, 6 artistes, 4 officiers militaires, 4 négociants et banquiers, 3 artisans, 2 médecins, 6 « divers ». La plupart des amis et connaissances de Mozart en font partie. Lui-même y introduira son père (lors du séjour que fit celui-ci à Vienne pour s’assurer que fiston s’en tirait bien tout seul) et Haydn qui ne vint même pas à sa cérémonie d’entrée et n’écrivit jamais la moindre œuvre maçonnique.
Quant à ses raisons imaginables… en voici quelques-unes, pêle-mêle.
– Les loges maçonniques mettaient tout un chacun sur un pied d’égalité, nobles ou roturiers, ecclésiastiques et séculiers, et Mozart avait suffisamment souffert de l’indifférence – voire du mépris – des castes supérieures alors qu’il se considérait, à juste titre, comme l’égal de
n’importe quel humain.
– Mozart était animé d’idées sublimes de bonté, de générosité, d’entraide, de mansuétude, de philanthropie ; les loges fournissaient un tremplin à toutes ces spéculations philosophiques.
– Mozart cherchait à se retrouver avec ses copains et à fuir bobonne qui commençait sérieusement à lui casser les pieds.
– Mozart estimait que son appartenance serait un excellent moyen de se faire jouer comme compositeur « free-lance » en dehors des circuits habituels, l’église et la cour.
– La Loge lui passerait peut-être des commandes.
– Etc., à vous d’inventer ou d’extrapoler…
La réalité se compose probablement d’un mélange de toutes ces considérations, que l’on peut éventuellement résumer ainsi : lorsqu’on se déplace dans l’Europe entière, comme le fait alors Mozart (un gros voyageur, qui n’a certes pas l’intention de mourir en 1791), il est bien agréable de retrouver, d’une capitale régionale à l’autre et par le jeu des correspondances entre loges, une fraternité simple et ouverte, pas trop grenouille de bénitier ni trop snob, qui vous permet assez rapidement de trouver ce que vous cherchez. Se réunir pour discuter dans un lieu un peu tranquille, c’est la meilleure méthode pour éloigner les curés, les nobliaux décérébrés et tous ceux qui ont déjà une place au chaud à la Cour, forcément jaloux de leur pouvoir, de leurs privilèges, de leurs prérogatives. Mozart et ses compères cherchaient un peu d’humanisme sous ces froides lumières, en quelque sorte.
Quant aux symboles maçonniques présents dans ses œuvres, on cite naturellement le chiffre trois – souvent à tort et à travers : mesures à trois temps (entre le 2/4, le 4/4, le 6/8 et le 3/4, on n’avait guère le choix !) ; mi bémol majeur, donc trois bémols (pourquoi pas le
la majeur, avec trois dièses ?) ; tierces majeures ou mineures (no comment : cet intervalle est constitutif de toute la musique occidentale) ; sans oublier de nombreuses correspondances numériques fichtrement tirées par les cheveux. Certes, cela ne signifie pas que Mozart ne se soit pas amusé à introduire telle ou telle image symbolique lorsqu’elle pouvait entrer dans son discours musical. Mais c’est méconnaître catastrophiquement le processus mozartien de composition que d’imaginer qu’il pouvait se fixer ainsi un cadre rigide, une sorte de symbole-rallye, dans lequel il enchâsserait mordicus son discours. Même dans
La Flûte enchantée, même dans la
Musique funèbre et maçonnique.
Une analyse, disponible sur Internet, affirme que le premier tableau du deuxième acte de La Flûte comporte 1387 mesures, et que 1378 est l’année de la naissance annoncée du mystique Christian Rose-Croix (en intervertissant les deux derniers chiffres, procédé courant au 18ème siècle pour brouiller les pistes, paraît-il…). Sachant que l’existence même du personnage est pour le moins douteuse, que bien peu d’amis maçons devaient en connaître la biographie, Mozart se serait-il fatigué à un tel exercice ? Calcul amusant : comptons le nombre de mesures de la
Musique funèbre et maçonnique : 69 (si, si, je n’invente rien). Ami lecteur, cherche le symbole ! Non, Mozart n’a jamais compté les mesures ni ne les a enfermées dans un symbolisme que personne, personne ne pourrait jamais saisir ! Les trois coups, oui, les trois bémols, pourquoi pas de temps en temps : sur une dizaine d’œuvres destinées à un usage réellement maçonnique, deux sont en
mi bémol majeur, une en
ut mineur… Mais de grâce, cessons là trop d’analyses et d’interprétations fumeuses qui n’apportent strictement rien à la jouissance auditive – à moins qu’elles ne servent de substitut à tous ces doctes machinologues ?
Quant à l’absence quasi totale de la moindre mention de la franc-maçonnerie dans les lettres de Mozart, de sa femme Constance et de son père Leopold – pourtant insupportablement disert et indiscret dans ses bafouilles – voici plusieurs explications possibles, sans que l’une ne prévale sur l’autre, les vérités se trouvant quelque part dans ce brouet.
Peut-être personne n’avait rien à faire de toute cette affaire de franc-maçonnerie, alors pourquoi user de l’encre... Peut-être Constance a-t-elle soigneusement fait disparaître toute lettre mentionnant les activités maçonniques de son mari après son décès, sachant que la police viennoise surveillait de très près les loges et leurs activités. Peut-être Mozart préférait-il taire, épistolairement, sa trop grande implication dans la franc-maçonnerie, pour la même raison, et – craignant la censure – évitait d’en toucher mot sauf sous forme voilée et cryptée. Sauf à retrouver miraculeusement toute cette partie de la correspondance qui a mystérieusement disparu, on n’en saura jamais rien, à la plus grande satisfaction des spécialistes autoproclamés, des analystes profonds, et de toute cette armée de parasites inspirés qui seraient mieux inspirés de laisser Mozart reposer en paix et l’auditeur écouter en paix. Certains pensent que Constance l’a escamotée non pas pour voiler la maçonnerie, mais afin de ne pas ternir l’image d’épouse-modèle qu’elle a ensuite donnée d’elle-même à l’usage des biographes de Mozart, à commencer par son second mari, Nissen. Car l’on peut écouter
La Flûte, la
Musique funèbre et maçonnique, et toutes les œuvres que nous vous suggérons ici, sans la moindre connaissance maçonnique. Pas plus qu’il n’est nécessaire de connaître l’harmonie, le contrepoint et la fugue pour tomber en pâmoison devant la Quarantième symphonie – au contraire, même.
Olivier Berthaud
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Notes sur les œuvres
Laut verkünde unsre Freude, cantate pour 2 ténors, basse, chœur d’hommes & orchestre, KV 623 en ut majeur
Ecrite le 15 novembre 1791 à Vienne. La dernière œuvre achevée de Mozart, 19 jours avant sa mort. On s’amusera à tirer des parallèles évidents avec certains passages de
La Flûte enchantée, parfois à la limite de l’auto-plagiat ! Il la dirigea lui-même dans le
cadre de la loge « Zur neugekrönten Hoffnung » (« La nouvelle espérance couronnée ») le 19 novembre 1791.
Zerfliesset heut’, geliebte Brüder, lied pour ténor, chœur d’hommes & orgue, KV 483 en si bémol majeur
Ecrit en décembre 1785 à Vienne. Le texte fait allusion à l’ordonnance de l’empereur Joseph II, qui avait exigé que les nombreuses loges viennoises dussent fusionner de manière à n’en former plus que trois. L’ouvrage était destiné à l’inauguration de la loge « Zur neugekrönten Hoffnung »
Lobgesang auf die feierliche Johannisloge, également connu sous le nom de
O heiliges Band, lied KV 148 pour ténor, chœur d’hommes à l’unisson & piano (basse seule, non chiffrée) en ré majeur
Ecrit en 1772 à Salzbourg. Texte de Ludwig Lenz à caractère maçonnique, ce qui fit croire aux premiers analystes que l’ouvrage daterait de 1784. Or, à cette époque, Mozart ne composait plus de Lieder avec basse figurée. Toutefois, Robbins-Landon estime « qu’il est peu probable que Mozart ait composé un chant strictement maçonnique tel que le K.148 avant de devenir lui-même franc-maçon en 1787 ». Les paris sont ouverts, mais le contenu musical ne semble pas du niveau de ce qu’il écrivait en 1784…
Zur Gesellenreise, lied pour ténor & piano (orgue selon l’autographe) KV 468 en sol majeur
Écrit le 26 mars 1785 à Vienne, exécuté le 16 avril à la loge « Zur wahren Eintracht » lors de la cérémonie au cours de laquelle Leopold Mozart accéda au grade de compagnon.
Ihr unsre neuen Leiter, lied pour ténor, chœur d’hommes & orgue KV 484 en si bémol majeur
Composé en 1785 à Vienne, destiné à être joué le même soir que le KV 483
Zerfliesset heut’ présenté plus haut.
Die Maurerfreude, cantate pour ténor, chœur d’hommes & orchestre, KV 471 en mi bémol majeur (enfin ! la tonalité « maçonnique »)
Composé le 20 avril 1785, exécuté à la loge « Zur gekrönten Hoffnung » le 24 en présence de Léopold Mozart. Un texte à la louange de
l’empereur Joseph II.
Ode funèbre et maçonnique, KV 477 en ut mineur
Ecrite vers le 10 novembre 1785 à Vienne, jouée quelques semaines plus tard à l’occasion de la mort des frères de loge (respirez un
bon coup) le comte Georg August von Mecklemburg-Strelitz et le duc Franz Esterhazy von Galantha. L’une des choses les plus extraordinaires de toute la création de Mozart : une musique tombée des étoiles, sans thème en dehors d’un « cantus firmus », une mélodie de choral dont on ne connaît pas la provenance et qui transparaît dans la descente aux enfers harmonique.
Die ihr des unermesslichen Weltalls Schöpfer ehrt, cantate pour ténor & piano, KV 619 en ut majeur
Composé en juillet 1791 à Vienne, commande d’un certain Ziegenhager, négociant hambourgeois et poète à ses heures, franc-maçon de Regensburg. L’accompagnement au piano trahit une conception orchestrale, tandis que l’architecture est clairement celle d’une cantate classique, avec airs et récitatifs.
Dir, Seele des Weltalls, o Sonne, cantate pour 2 ténors, basse, chœur d’hommes & orchestre KV 429 en mi bémol majeur/si bémol majeur
Ecrite vers 1783 selon les uns, 1785 ou même 1791 pour les autres… Mozart laissa l’ouvrage inachevé : les deux premiers mouvements
complets, sous forme de « script » précis que Stadler se chargea d’achever. Du troisième mouvement, Mozart n’écrivit que 17 mesures, Stadler dut donc sérieusement rajouter à la sauce. Selon toute évidence, la cantate – au propos maçonnique – n’était pas prévue pour
être jouée en loge, ne serait-ce que par l’effectif orchestral bien trop lourd, incompatible avec les lieux généralement réservés aux cérémonies.
Adagio, KV 410 pour deux cors de basset et basson
Ecrit en 1783 à Vienne. Musique processionnaire pour une loge
Adagio pour 2 clarinettes & 3 cors de basset, KV 411 en si bémol majeur
Composé en 1783 à Vienne. Musique processionnaire pour une cérémonie maçonnique.
Fugue, KV 426 en ut mineur
Composée le 29 décembre 1783 à Vienne. Rapidement adopté par une des loges de Vienne, semble-t-il, même si l’ouvrage n’a pas été
écrit pour cet usage.
Adagio et Rondo pour Glassharmonica, KV 617 en ut mineur
Composé à la mi-1791 à Vienne, à l’époque de
La Flûte enchantée, il apparaît qu’il aurait servi pour quelques rassemblements francs-maçons.
Sancta Maria, Mater Dei, KV 273 en fa majeur
9 septembre 1777 à Salzbourg. Fut rapidement ajouté au cérémonial de l’une des loges de la ville.
Thamos König in Ägypten pour soliste, chœur & orchestre, KV 345 en ut majeur, mi bémol majeur pour les « trois coups », sol mineur, ré mineur, ré majeur, ré mineur
Composé en 1779 à Salzbourg. Musique de scène pour le drame héroïque de Tobias Philipp Freiherr von Gebler. Contenu fortement maçonnique, d’aucuns y voient le « coup d’essai » de
La Flûte enchantée. Les deux premiers chœurs datent déjà de 1773.
Ave Verum Corpus, KV 618, motet en ré majeur
Composé le 18 juin 1791. Originellement destiné au chœur de son ami Anton Stoll, l’ouvrage trouva rapidement, semble-t-il, le chemin des loges.
Concerto pour piano, KV 482 en mi bémol majeur
Composé le 16 décembre 1785 à Vienne. Destiné à un concert de souscription organisé par la loge « Zur gekrönten Hoffnung » quelques jours plus tard. Lors de l’exécution, le second mouvement fut bissé.
Symphonie n° 39, KV 543 en mi bémol majeur
Ecrite le 26 juin 1788 à Vienne. Alfred Einstein pense déceler de nombreuses allusions maçonniques : mi bémol majeur, déjà ; les « coups à la porte de la loge » que représentent les accords de l’introduction ; le thème singulièrement long et lié de l’allegro, chargé de ces « liens » symbolisant la fraternité des francs-maçons. Chacun appréciera selon ses convictions.
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