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e moins que l’on puisse dire, c’est que le compositeur autrichien Hans Gál ne s’est jamais laissé tenter par une rupture du langage harmonique ! Né en 1890, quelques années après Berg, Bartók, Stravinski, Webern, Varèse, mort en même temps que Messiaen, Nono ou Cage, il a résolument ignoré toutes les nouvelles écoles, modernistes, post-modernistes, sérielles, atonales même, préférant se cantonner dans un monde postromantique, avec quelques teintes sans doute empruntées aux « impressionnistes ». Ses trois œuvres pour violon et piano furent écrites en 1920 et en 1933-35, deux périodes bien distinctes de sa carrière. En 1920, la Première sonate reçut un excellent accueil, et son opéra Die heilige Ente (« Le Canard sacré », farce chinoise), créé par Georg Szell peu après, lui apporta une véritable gloire internationale. Par contre, en 1933 – l’année de la Seconde sonate –, il se trouva brutalement écarté de son poste de Directeur du Conservatoire de Mayence et de toutes ses activités musicales ; jusqu’à son émigration en Angleterre en 1938, il vécut, selon ses propres termes, plusieurs années de cauchemar.
Des cauchemars qu’il bannit résolument de son langage : la Sonate de 1933 et la Suite de 1935 font preuve d’un optimisme sans faille, même si certains passages assez féroces rappellent parfois les sarcasmes d’un Chostakovitch, des sarcasmes toutefois vite gommés par un retour de la tendresse et du lyrisme le plus effréné. A noter : la version initiale de la Suite était destinée à la formation mandoline-piano, mais en 1942 Gál en établit la présente version pour violon et piano, avec quelques évidentes modifications.
Détail musical d’importance. Ce sont là trois œuvres décidément pour le violon et pour le piano : aucun des deux instruments n’est l’accompagnateur de l’autre, la texture musicale est distribuée équitablement entre les deux musiciens, sollicités à l’extrême. Une musique parfumée, sans prétention, diablement bien tournée, qui mériterait de figurer aux répertoires des solistes de notre temps.
Détail des pistes :
GAL Hans
Sonata in B flat minor for violin and piano, Op. 17
1 - 1 I. Patetico molto moderato (9mn 43s )
1 - 2 II. Quasi allegretto (6mn 19s )
1 - 3 III. Adagio molto espressivo (9mn 29s )
Suite in G major for violin and piano, Op. 56
1 - 4 I. Preambulo (1mn 41s )
1 - 5 II. Capriccio (2mn 27s )
1 - 6 III. Aria (4mn 09s )
1 - 7 IV. Rondo (4mn 18s )
Sonata in D for violin and piano, posth.
1 - 8 I. Allegretto quasi andante (9mn 26s )
1 - 9 II. Scherzo: Vivace (5mn 32s )
1 - 10 III. Largo con espressione – Allegro poco sostenuto, ma con fuoco (8mn 01s )
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