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Référence : APR6004 5024709160044 - 2 CD 68:39 - 70:55 - ADD mono - Enregistré entre 1930 et 1936 - Notes en français, anglais & allemand En vente sur ce site depuis le 5 avril 2007
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Frédéric Chopin (1810-1849) Étude en ut dièse mineur, op. 10 n° 4 Étude en sol bémol majeur, op. 10 n° 5 Étude en fa majeur, op. 10 n° 8 Étude en fa majeur, op. 25 n° 3 Mazurka n° 7 en fa mineur, op. 7 n° 3 Mazurka n° 27 en mi mineur, op. 41 n° 2 Mazurka n° 32 en ut dièse mineur, op. 50 n° 3 Scherzo n° 4 en mi majeur, op. 54 Sonate pour piano n° 2 en si bémol mineur, op. 35
Franz Liszt (1811-1886) Funérailles, S 173 n° 7 (Harmonies poétiques et religieuses) Sonate en si mineur, S 178
Domenico Scarlatti (1685-1757) Sonate en si mineur, K.87 / L.33 / P.43 Sonate en sol majeur, K.125 / L.487
Johann Sebastian Bach (1685-1750) / Ferruccio Busoni (1866-1924)
Choral Nun freut euch, lieben Christen gmein (Réjouissez-vous donc ensemble, chers chrétiens), BWV 734
Franz Joseph Haydn (1732-1809) Sonate n° 52 en mi bémol majeur, Hob XVI:52
Ludwig van Beethoven (1770-1827) 32 Variations sur un thème original en ut mineur, WoO 80
Robert Schumann (1810-1856) Presto passionato en sol mineur Arabesque en ut majeur, op. 18 Traumes Wirren (Songes troubles), op. 12 n° 7 (Fantasiestücke, op. 12) Toccata en ut majeur, op. 7
Claude Debussy (1862-1918) Etude n° 11 "Pour les arpèges composés" (de Douze Études pour piano)
Francis Poulenc (1899-1963) Pastourelle (de l'œuvre collective "L'Éventail de Jeanne") Toccata (N° 2 de Trois Pièces pour piano, FP 48)
Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908) Le Vol du bourdon (arr. Serge Rachmaninov)
Igor Stravinski (1882-1971) Danse russe (tirée de Petrouchka)
Serge Rachmaninov (1873-1943) Prélude en sol mineur op. 23 n° 5
Serge Prokofiev (1891-1953) Toccata en ut majeur, op. 11
Vladimir Horowitz (1903-1989), piano
oici Horowitz entre 27 et 33 ans. Il est de bon ton d’affirmer qu’à une certaine époque, Horowitz perdait un peu les pédales (et le clavier) à trop en faire. Possible… Il n’en reste pas moins qu’il fut un pianiste diabolique (« Satan au clavier », selon Clara Haskil, « pianiste prodigieux » selon Prokofiev, « Maître de la distorsion et de l’exagération » d’après Virgil Thomson, « L’ouragan des steppes » pour le public), adulé, célébré autant pour ses extravagances que pour son extraordinaire maîtrise du clavier. Car il suffit d’écouter le Vol du bourdon ou la Toccata de Schumann pour comprendre que, quoi qu’on en dise, ses doigts étaient au rendez-vous ! Bon, il suffit aussi d’écouter le Prélude en sol mineur de Rachmaninov pour comprendre qu’ils s’étaient parfois trompés de carnet de RV ; et pourtant, même dans ce déluge de notes tapées à côté, le caractère de l’œuvre transparaît comme par magie, comme une sorte de démente improvisation que l’on n’a pas le temps de peaufiner, tant la musique se presse sous les doigts. Par ailleurs, il livre une vision apocalyptique de certaines œuvres hyper-virtuoses et pourtant si simplement écrites de Haydn et Scarlatti.
Impressionnant, déroutant, dérangeant, et certainement génial.
Prises de son correctes pour ces enregistrements des années 1930 à 1936 mais léger bruit de fond.
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Mazurka n° 7 en fa mineur, op. 7 n° 3 1 - 5 Mazurka n° 7 (2mn 29s )
Mazurka n° 27 en mi mineur, op. 41 n° 2 1 - 6 Mazurka n° 27 (2mn 02s )
Mazurka n° 32 en ut dièse mineur, op. 50 n° 3 1 - 7 Mazurka n° 32 (4mn 19s )
Scherzo n° 4 en mi majeur, op. 54 1 - 8 Scherzo n° 4 (8mn 50s )
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LISZT Franz Harmonies poétiques et religieuses, S 173 1 - 10 N° 7: "Funérailles" (9mn 16s )
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1 - 12 II. Andante sostenuto - Quasi adagio (6mn 12s )
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SCARLATTI Domenico Sonate en si mineur, K 87 / L 33 / P 43 2 - 1 Sonate en si mineur (4mn 24s )
Sonate en sol majeur, K 125 / L 487 2 - 2 Sonate en sol majeur (2mn 14s )
BACH Johann Sebastian Nun freut euch, lieben Christen gmein, BWV 734 (arr. Busoni) 2 - 3 Nun freut euch, lieben Christen gmein (2mn 07s )
HAYDN Joseph Sonate pour piano n° 52 en mi bémol majeur, Hob XVI:52 2 - 4 I. Allegro (5mn 49s )
2 - 5 II. Adagio (4mn 58s )
2 - 6 III. Presto (4mn 04s )
BEETHOVEN Ludwig van 32 Variations sur un thème original en ut mineur, WoO 80 2 - 7 32 Variations sur un thème original (9mn 38s )
SCHUMANN Robert 2 - 8 Presto passionato en sol mineur (5mn 37s )
Arabesque en ut majeur, op. 18 2 - 9 Arabesque (6mn 22s )
Vladimir Horowitz
Les enregistrements européens en solo (1930-1936)
L’impact de la Crise américaine de 1929 fut tel que la maison de disqnes RCA Victor, qui avait bien du mal à honorer les contrats de ses artistes, fut ravie de les voir partir enregistrer ailleurs. De son côté, Fred Gaisberg à HMV accueillit à bras ouverts les célébrités qui du coup envahirent son pays. Il était persuadé que les enregistrements réalisés à Londres seraient non seulement supérieurs sur les plans technique et artistique à tous les disques précédents, mais aussi connaîtraient une réussite commerciale.
Vladimir Horowitz fut l'un des premiers artistes de RCA à profiter de ce développement. Il avait gravé ses premiers disques en 1928, peu après une série de concerts sensationnels lors de sa toute première visite aux États-Unis, mais ces disques ne renfermaient qu'un choix modeste de pièces brèves. Pour le cap important de son premier enregistrement de concerto, Horowitz vint à Londres. Il n'hésita pas à choisir le Mont Everest des concertos romantiques, le Concerto en ré mineur de Rachmaninov, une œuvre dont il était déjà l'ardent défenseur lorsqu’il étudiait au Conservatoire de Kiev.
Accompagné par Albert Coates à la tête du London Symphony Orchestra, Horowitz enregistra le concerto au Kingsway Hall le 29 décembre 1930. Toutes les prises furent abandonnées, avant tout pour raisons techniques, et le concerto fut réenregistré le lendemain avec la Toccata de Prokofiev. Cette dernière œuvre, l'un des morceaux de bravoure préférés de ce feu follet de vingt-sept ans devait servir de «bouche-trou» pour la dixième face. Mais peu avant la parution de ce premier enregistrement prestigieux, la décision fut prise d'abandonner la Toccata au profit d'un autre morceau de Rachmaninov – le Prélude en sol mineur, op. 23 n° 5 – jugé plus approprié. Il fallait obtenir cette face de remplacement si rapidement que HMV demanda à Electrola, la filiale allemande de EMI, de l’enregistrer à Berlin pendant que Horowitz était en tournée. (Après le jeu si sûr, si solide dans la pièce de Prokofiev, quelle surprise de découvrir que cet unique enregistrement berlinois de Horowitz – qui avait d’ailleurs reçu l'approbation du pianiste – est truffé d’inexactitudes.
Quand Horowitz enregistra à nouveau pour HMV, en novembre 1932, les nouveaux Studios londoniens d'EMI à Abbey Road tournaient à plein régime. Et Horowitz aussi. Tout lui réussissait admirablement, son nom en était venu à symboliser une bravoure d’une intensité à vous donner le frisson. Mais on a quand même le souffle coupé par l'assurance du pianiste (et du directeur artistique – que les documents existants ne nomment pas mais qui fut très certainement Fred Gaisberg à en juger par ce qu'il écrit sur Horowitz dans son autobiographie Music on Record). La discographie ci-jointe * nous révèle que les trois séances de novembre 1932 comprennent pas moins de neuf titres enregistrés sans la moindre prise « de réserve » ou « de remplacement ». (Comment HMV pouvait-elle être si sûre qu'aucune matrice ne serait abîmée lors de la transformation si délicate de la matrice de cire en empreinte métallique ?)
Quoi qu’il en soit, c'est au cours de ses premières séances à Abbey Road qu'Horowitz confia à la postérité ses interprétations aujourd'hui célèbres de la Sonate et Funérailles de Liszt, le premier enregistrement de la Sonate en mi bémol de Haydn et quelques morceaux hauts en couleur. Comme on pouvait s'y attendre, le pianiste fut tracassé par la matrice la plus ouvertement virtuose [2B 4489], qui réunissait Le Vol du bourdon
de Rimski-Korsakov (version de Rachmaninov) et la Danse russe tirée de Petrouchka de Stravinski. À peine cet enregistrement fut-il publié qu'Horowitz demanda qu'il soit rayé du catalogue.
L'unique séance de 1933 fut un échec. En effet Horowitz quitta les studios d'Abbey Road persuadé qu'aucune des matrices n'était à la hauteur bien qu'il finit par juger la Mazurka en mi mineurde Chopin acceptable. La tension nerveuse croissante dans sa vie, liée entre autres au choix que le célibataire endurci qu'il était devait faire – d'épouser ou non une Toscanini –, était en train de l'ébranler.
Les deux premières séances de mai 1934 furent sans conteste plus heureuses et plus productives, à l'image de la situation personnelle d'Horowitz à cette époque : non seulement était-il marié, mais il allait bientôt devenir père de famille et il venait de retrouver son propre père (qui avait obtenu un visa de sortie temporaire d'Union soviétique).
Une fois de plus, Horowitz se tourmenta à propos d'une matrice [2B 7209] qui regroupait les Etudes op.10 n° 5 et op. 25 n° 3 de Chopin, tant et si bien qu'il retourna au studio pour une troisième séance imprévue le 29 mai juste pour réenregistrer cette seule face. Il approuva cette troisième prise puis plus tard changea d'avis, lui préférant la deuxième prise mais finalement, alors que la sortie du disque avait été annoncée, il demanda qu'on le supprime. (Seule l'Étude op. 25 n° 3 de la deuxième prise a survécu ; l'Étude op.10 n° 5 que l'on entend ici provient d'un enregistrement plus tardif d'Horowitz qui comportait aussi l'Étude op.10 n° 4). Le titre inédit le plus alléchant de ces séances de mai 1934 est sans doute le début d'un enregistrement des Variations «Paganmi» de Brahms, une œuvre avec laquelle un an plus tôt Horowitz avait stupéfié les critiques britanniques. Malheureusement il ne retoucha pas à cette partition durant les séances suivantes.
Dans une très large mesure, le résultat des trois séances de juin 1935 et de l'unique séance de mars 1936 reflète la fragilité physique et psychologique d'Horowitz à l'époque, due à l'alliance fatale de surmenage et d'innombrables soucis personnels, certains réels et d'autres imaginés. Le but premier de ces séances était d'enregistrer la Sonate n° 2 de Chopin et pourtant une seule des dix-sept matrices (ou plus) fut approuvée et le projet fut finalement abandonné lorsqu’il devint manifeste que Horowitz avait beaucoup baissé. Et pourtant ses dernières séances d’enregistrement de 78 tours en Europe furent loin d être un échec total pour Horowitz : il réenregistra l'Étude op.10 n° 5 de Chopin (accompagnée, nous l'avons vu, par l’Étude op.10 n° 4), grava une version fébrile du Scherzo n° 4 de Chopin et s’attaqua pour la première fois à du pur Scarlatti. Peu après cette séance, Horowitz se retira de la vie publique.
Lorsque Horowitz reprit le chemin de la scène (pour de bon en 1939) et celui du studio d’enregistrement (en 1940), il était clair qu’un pianiste différent venait d'émerger. Et par conséquent ses enregistrements européens relativement peu nombreux font le récit d’une courte période fort distincte dans l’art en constante évolution de ce pianiste si personnel. (C'est pourquoi nous avons décidé d’inclure dans ce tour d'horizon tout ce qui nous est parvenu de cette époque – les pages éditées ou inédites, approuvées ou rejetées.). Jamais plus on entendrait Horowitz prendre régulièrement de tels risques et déployer une telle vitalité à l’état brut en studio. Le pianiste s’était indéniablement retrouvé au bord de l’abîme mais les disques de cette période se caractérisent par une alliance unique de fantaisie, d’audace, de richesse tonale et d’intelligence musicale.
* Cette discographie figure dans le livret d'accompagnement.
Concerto pour orchestre, op.61 - A notte alta, op.30 - Fragments symphoniques de La donna serpente, op.50 / Martin Roscoe, piano - BBC Philharmonic - Gianandrea Noseda, direction
Hosanna to the Son of David - What joy so true - All people clap your hands - Voluntarie I - When David Heard - Gloria in excelsis Deo... / The Choir of Sidney Sussex College, Cambridge & Fretwork - David Skinner, direction