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ongtemps, les enregistrements de Celibidache avec la RAI furent commercialisés un peu sous le manteau : on les trouvait chez des disquaires un peu aventureux, un peu magiciens aussi, et on se les prêtait de célibidachien à célibidachienne avec des airs de conspirateurs, de peur que le maestro ne s’en aperçoive. Car le maestro détestait cordialement le principe de l’enregistrement, et ce n’est qu’après sa mort en 1996 que les gros labels, sur accord de la famille, mirent sur le marché des tonnes d’enregistrements réalisés au cours des dernières décennies.
Il faut avouer que ces enregistrements des la RAI de 1959 offrent quelques surprises ; la première – pas très bonne, il faut l’avouer – arrive dès la première seconde de la Première de Brahms, lorsque le timbalier (bourré ? remplaçant de dernière minute ? bigleux ? remplaçant bourré bigleux de dernière minute ?) part environ deux fois plus vite que le reste de l’orchestre, pour se rattraper au troisième coup de timbale… effet hilarant garanti, même si le reste du mouvement tourne normalement. Heureusement, les surprises sont presque toutes de bon aloi, pour peu que l’on admire l’art de Celibidache en matière d’articulation, de phrasé, de conception sonore, d’éventail de couleurs orchestrales. Pour ceux d’entre mes aimables auditeurs que les tempi du Celibidache de la dernière période hérissent, qu’ils se rassurent illico : en 1958 et 59, le chef n’a pas encore développé cette tendance à élargir la métrique jusqu’à l’extrême limite de la cohérence musicale, et les tempi sont ici tout à fait habituels, très contrastés même.
Ce qui fait donc la spécificité de ces enregistrements, c’est l’extraordinaire musicalité du discours, un discours qui vous arrache du siège à la première seconde et ne s’achève que la dernière réverbération estompée : une unité de ton parfaite, transcendante, que bien peu de chefs ont su atteindre. Inutile de préciser que ce sont là des enregistrements en direct et en public. En guise de bonus, la Quatrième est proposée dans une seconde version, avec l’Orchestre de la Radio de Stuttgart (en public ? ou en direct radiophonique ? pas spécifié ; la date indiquée sur la pochette correspond bien à celle d’un concert de l’orchestre avec Celibidache, mais allez savoir…). Ici encore, ce sont les tempi « allants » de Celibidache, mais déjà dans son langage puissamment personnel.
On n’oubliera sans doute jamais, une fois entendue, la bouleversante Rhapsodie pour contralto avec la grande dame que fut Marga Höffgen.
ANDRCD9060 - Paru le 18/01/2010
ANDRCD9059 - Paru le 18/01/2010
Détail des pistes :
BRAHMS Johannes
Symphony No. 1 in C minor, Op. 68
1 - 1 I. Un poco sostenuto - Allegro (13mn 19s )
1 - 2 II. Andante sostenuto (9mn 28s )
1 - 3 III. Un poco allegretto e grazioso (5mn 39s )
1 - 4 IV. Adagio - Più andante - Allegro non troppo, ma con brio (18mn 07s )
Symphony No. 2 in D major, Op. 73
1 - 5 I. Allegro non troppo (15mn 02s )
1 - 6 II. Adagio non troppo - L’istesso tempo, ma grazioso (10mn 30s )
1 - 7 III. Allegretto grazioso, quasi andantino - Presto ma non assai - Tempo 1 (5mn 27s )
2 - 1 IV. Allegro con spirito (9mn 48s )
Symphony No. 3 in F major, Op. 90
2 - 2 I. Allegro con brio (9mn 11s )
2 - 3 II. Andante (10mn 27s )
2 - 4 III. Poco allegretto (6mn 33s )
2 - 5 IV. Allegro (9mn 47s )
Symphony No. 4 in E minor, Op. 98
2 - 6 I. Allegro non troppo (12mn 21s )
2 - 7 II. Andante moderato (12mn 32s )
2 - 8 III. Allegro giocoso - Poco meno presto - Tempo 1 (6mn 17s )
3 - 1 IV. Allegro energico e passionato - Più allegro (10mn 36s )
3 - 2 Alto Rhapsody for alto, mail chorus and orchestra, Op. 53 (18mn 04s )
3 - 3 I. Allegro non troppo (12mn 35s )
3 - 4 II. Andante moderato (12mn 43s )
3 - 5 III. Allegro giocoso - Poco meno presto - Tempo 1 (6mn 21s )
3 - 6 IV. Allegro energico e passionato - Più allegro (10mn 04s )
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Luca Guglielmi, clavecin & orgue
Boris Petrushansky, piano
Esther Choi, mezzo-soprano - Teresa Zimmermann, harpe - Mädchenchor Hannover - Gudrun Schröfel, direction
ROP6055 - Rondeau Production
1 CD Classique
Paru le 02/02/2012