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  • 1 CD Classique - AMDG037
  • Robert Schumann

    Concerto pour violoncelle

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Référence : AMDG037 3760002132662 - 1 CD Digipack : 26:38 - DDD - Enregistré en concert le 28 novembre 2004 à la Grande Salle de l'Académie de Musique Franz Liszt de Budapest - Notes en français
En vente sur ce site depuis le 7 mars 2005
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Robert Schumann (1810-1856)

Concerto pour violoncelle & orchestre en la mineur, op. 129 (1850)

Suzanne Ramon, violoncelle
Orchestre Symphonique de Budapest
Direction Philippe de Chalendar

quoi donc sert un disque, de nos jours ? À délivrer des interprétations, toutes supposées plus définitives les unes que les autres ? À renouveler un genre, ou une œuvre ? À faire valoir une nouvelle coupe de cheveux, ou un physique prometteur ? Il y a trop de disques : à quoi bon alors un disque de cette Suzanne Ramon ? Parce que Suzanne Ramon est le secret le mieux gardé du violoncelle contemporain. Elle n’a pas fait de carrière, dira-t-on. Et alors ? De quelle carrière parle-t-on ? De celle seulement de bien jouer, ou de celle de tout donner ?
    Quand Suzanne Ramon pose l’archet sur son Guarnerius magique, un monde d’émotions se met en mouvement. Une courte discographie a assuré seule la célébrité de cette violoncelliste qu’on dirait underground si elle jouait du rock : sonates de Brahms avec Catherine Collard, admirable Opus 8 de Kodaly (l’une des plus extraordinaires versions de la discographie), Schumann, Chopin, Chostakovitch… Tous ces disques sont disponibles chez ARKES / Abeille Musique.
    Ce concerto de Schumann est ici capté en « live » à Budapest en novembre dernier. Lui, que nous dit-il ? Il témoigne d’un retour. D’une émotion, poignante. Voilà le projet de ce disque : vous bouleverser. Car, depuis que la violoncelliste Suzanne Ramon avait quitté Budapest en 1958, émigré en Israël, puis rejoint Paris où elle fut l’une des plus étonnantes disciples de André Navarra, une blessure ne s’était jamais refermée : celle du départ, de l’arrachement aux racines. À Budapest, Suzanne Ramon est donc revenue pour la première fois en novembre 2004. Dans la salle merveilleuse de l’Académie Franz Liszt où elle avait remporté ses grands succès de jeunesse. Pour un concert unique que le disque nous offre aujourd’hui. À quoi donc peut servir un disque ? À cela : à témoigner, à faire partager.
 

Détail des pistes :

SCHUMANN Robert
Cello Concerto Op.129
1 - 1     Nicht zu schnell (12mn 21s )    
1 - 2     Langsam (4mn 48s )    
1 - 3     Sehr lebhaft (8mn 37s )    

Laissez-vous tenter
par Alain Duault
RTL – 30/11/04 – 8h30




Journaliste : « Alain Duault, vous revenez de Budapest, vous avez assisté avant-hier à un concert assez émouvant... »
    Alain Duault : « Oui, un concert émouvant humainement et magnifique musicalement… Il s'agissait du retour de la grande violoncelliste hongroise Suzanne Ramon dans son pays natal ; elle a quitté la Hongrie alors qu'elle était un enfant prodige, en 1956, et elle n'y avait jamais rejoué ; vous imaginez donc l'émotion dans la somptueuse salle de l'Académie Franz Liszt, la plus belle salle de concert de Budapest quand Suzanne Ramon, vêtue comme une reine en rouge éclatant, le rouge de la passion qu’elle a au cœur, est entrée avec à la main son fameux Guarnerius de 1690, un instrument au son prodigieux qu'on entend dans son tout récent disque.
(On donne un extrait de la Sonate de Chopin)

Journaliste : « Impressionnant… c’est du Chopin, c’est ça qu’elle a joué ? »
    Alain Duault : « Non, elle a joué, accompagnée par l'Orchestre Symphonique de la Radio Hongroise, dirigé d'ailleurs par un jeune et brillant chef d'orchestre français, Philippe de Chalendar, qui a été durant sept ans l'assistant de James Conlon à l'Opéra de Paris, et a interprété le romantique Concerto de Schumann.
    Ce qui était émouvant, c'était de la voir s'installer sur cette scène et retarder le moment de commencer, en retournant son siège, en prenant le temps de bien déployer sa robe, de trouver sa place… en fait, on sentait de manière palpable, plus que le trac, l'émotion nue, de retrouver cette scène, cette ville, ce pays, et son âme ; d'autant qu'il y avait dans la salle, outre le public hongrois bien sûr, quelque 180 personnes qui avaient fait le voyage spécialement de Paris, de Tel-Aviv, mais aussi de New York et de la Martinique pour venir l'entendre retrouver ses racines spirituelles et musicales, et puis elle a inspiré et elle a attaqué… »
(On entend le début du Concerto)

Journaliste : « Alain, est-ce que l'on peut en dire un petit peu plus sur Suzanne Ramon s'il vous plaît ? »
    Alain Duault : « Oui ! Alors, elle est donc née à Budapest, admise au conservatoire à six ans, elle remporte le prix Bartók à dix ans, mais ses dix ans c'est 1956, la terreur et l'exil en Israël où la petite Shoshana, comme on l'appelle alors, fait ses débuts à treize ans au Palais des Arts de Tel-Aviv, avec ce même concerto de Schumann ; à seize ans, elle reçoit une bourse pour venir travailler à Paris avec le grand André Navarra, et elle y est accueillie par un autre réfugié hongrois célèbre, le pianiste Georges Cziffra qui, sidéré par ses dons hors du commun, l'accueille, l’héberge, et la traite comme sa propre fille… Ensuite, c'est un premier prix du Conservatoire, des prix aux concours de Genève, de Sienne, des rencontres avec Casals, Stern, Menuhin ou Rostropovitch, et puis des concerts dans le monde entier, des disques, le tout sans ostentation, sans esbroufe, dans l'humilité de la musique offerte comme un don avec une puissance spirituelle qui rayonne sur tous ceux qui l'entendent.

Journaliste : « Alors, j'imagine que ce concert de Budapest a été un grand succès ? »
    Alain Duault : « Ça a été plus qu'un succès, ça a été un triomphe… et puis le sentiment bouleversant d'assister à une renaissance ; un exemple : je vous ai dit la tension du début, palpable, Suzanne Ramon, parfaitement épaulée par Philippe de Chalendar, a su ensuite trouver les couleurs intimes de cette œuvre nocturne, ses éclats et ses ombres, ce chant intérieur, et puis, cette déclamation brûlante aussi et puis, et puis quand en bis, parce que la salle, évidemment, ne voulait pas la laisser partir, elle a repris la phrase centrale, c'était comme si elle avait retrouvé les racines de son âme et une sérénité belle et ample comme une méditation spirituelle »
(Nouvel extrait du concerto)

Journaliste : « Bon Alain, vous avez eu la chance d'y être, mais est-ce qu'on peut, nous, retrouver cette émotion ? »
    Alain Duault : « Oui, parce qu’il y a des disques de Suzanne Ramon, dont le dernier, qui vient de paraître, avec les sonates de Chopin et de Schumann, est un pur joyau ; il vient de paraître chez Arkès ; et puis Suzanne Ramon m'a promis de venir en janvier prochain, un dimanche, à RTL, dans "Classic Classique", nous faire entendre en avant-première de sa parution, ce Concerto de Schumann qui a été enregistré par la radio hongroise... Alors je vous tiendrai au courant, mais ça sera sans doute un beau moment…En tout cas, écoutez les disques, c'est vraiment formidable Suzanne Ramon ! »

Chronique d'Alain Duault
diffusée sur RTL dans « Laissez-vous tenter » (30 novembre 2004)
Copyright RTL 2004

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