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a formation d’octuor à vents connut, entre la fin du XVIIIe siècle et les premières décennies du suivant, une vogue considérable dans la sphère germanique, de sorte que de nombreux compositeurs – et non de moindres, tels que Mozart ou Beethoven – se lancèrent dans la composition de circonstance. En effet, il n’était pas rare que des dignitaires locaux « possèdent » un ensemble personnel, une Harmoniemusik, composée de deux hautbois, deux clarinettes, deux cors et deux bassons, afin d’égayer leurs repas ou leurs fêtes de plein air. Outre les compositions originales, le marché fut noyé de brouettes de transcriptions pour octuor d’opéras ou de symphonies, certaines de qualité tout à fait exquise, parfois même réalisées, d’ailleurs, par les compositeurs eux-mêmes désireux de surfer sur la vague de la mode.
Georg Druschetzky fut l’un des compositeurs les plus en demande dans ce domaine ; né peu après Haydn, mort peu avant Beethoven, il n’est déjà plus entièrement classique, pas encore romantique, légèrement inclassable, mais toujours reconnaissable par l’originalité de son langage, et la grande hardiesse de l’écriture instrumentale qui exigeait des prouesses de la part des musiciens. C’est que Druschetzky lui-même était apparemment un hautboïste de grand talent.
Outre ses Parthias, de petites symphonies en quatre mouvements proches de la Partita avec leur emprunt aux danses du moment – conçues selon deux genres principaux : pour être joué en plein air, ou pour un environnement plus intime et chambriste –, il écrivit de nombreuses pièces pour octuor et chanteurs, dont on pourra entendre quelques exemplaires ici. Sans doute ces œuvres étaient-elles destinées aux grands bals, quelques-unes même à la liturgie, résultat inévitable de la raréfaction des grands orchestres de cour – les guerres de coalitions puis les campagnes napoléoniennes creusèrent des trous sans fond dans les finances européennes –. Le CD offre donc une poignée de chansons (presque toutes sur des textes de Schiller), et un court Offertorium à usage sacré.
Voilà une bien belle musique, trop rarement entendue, mais qui fait encore et toujours les délices des ensembles de vents pour qui Druschetzky est une malle aux trésors.
Détail des pistes :
DRUSCHETZKY Georg
Parthia in a
1 - 1 Allegro assai (3mn 36s )
1 - 2 Adagio (3mn 33s )
1 - 3 Menuetto (3mn 22s )
1 - 4 Contra Dans (1mn 23s )
Motetto
1 - 5 Adagio (1mn 34s )
1 - 6 Allegro (2mn 30s )
1 - 7 Offertorium Veritas mea (6mn 33s )
Parthia in C
1 - 8 Presto (5mn 22s )
1 - 9 Menuetto (3mn 07s )
1 - 10 Andante (3mn 26s )
1 - 11 Rondo. Allegro (2mn 33s )
1 - 12 Der Frühling (5mn 22s )
1 - 13 Variations on a theme (3mn 19s )
1 - 14 Sehnsucht (5mn 07s )
1 - 15 Punschlied (1mn 17s )
Parthia in Es
1 - 16 Andantino (3mn 18s )
1 - 17 Menuetto non troppo (2mn 08s )
1 - 18 Andante (2mn 40s )
1 - 19 Rondo. Presto poco (1mn 26s )
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