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  • 1 CD Classique - ACC24200
  • Stylus Phantasticus

    L’Harmonie des Nations (Musique européenne à la cour de Bavière)

Diapason d'or
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Référence : ACC24200 4015023242005 - 1 CD Digipack : 68:05 - DDD - Enregistré en janvier 2007 en l'église de Franc-Waret à Namur en Belgique - Notes en français, anglais & allemand
En vente sur ce site depuis le 22 novembre 2007
  • Pour commander par téléphone :
  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
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Georg Muffat (1653-1704)
Nobilis Juventus - Adeliche Jugend (de Florilegium secundum n° 1 - Passau, 1698)
pour deux violons, deux violes de gambe & basse continue (violone, théorbe, clavecin)
Ouverture - Entrée d'Espagnols - Air pour des Hollandois - Gigue pour des Anglois - Gavotte pour des Italiens - Menuet I pour des François - Menuet II - Menuet I da capo
Sollicitudo (de Suavis harmoniae instrumentalis Hyperchematicae florilegium primum, Augsbourg 1695)
pour deux violons, deux violes de gambe & basse continue (violone, théorbe/guitare baroque, clavecin)

Evaristo Felice dall' Abaco (1675-1742)
Concerto d'église à quatre en ré mineur, op. II/1 (Amsterdam, vers 1712)
pour deux violons, viole de gambe & basse continue (violone, théorbe, orgue)
Concerto d'église à quatre en sol mineur, op. II/5 (Amsterdam, vers 1712)
pour deux violons, viole de gambe & basse continue (violone, théorbe, orgue)

Johann Christoph Pez (1664-1716)
Sonata ottava en sol mineur
pour deux violons, viole de gambe & basse continue (théorbe & orgue)
Sonata decima seconda en mi mineur
pour deux violons, viole de gambe & basse continue (théorbe & clavecin)

Johann Pachelbel (1653-1706)
Partita II en ut mineur
pour deux violons in scordatura & basse continue (viole de gambe, théorbe & clavecin)

Johann Kaspar Kerll (1627-1693)
Sonate à 3 en sol mineur
pour deux violons, viole de gambe & basse continue (théorbe & orgue)

Stylus Phantasticus
(Pablo Valetti & Nicholas Robinson, violons baroques - Eduardo Egüez, théorbe & guitare baroque - Dane Roberts, violone - Brian Franklin, viole de gambe - Dirk Börner, clavecin & orgue)
Direction (& viole de gambe) Friederike Heumann

ans l’invraisemblable bordel militaro-économico-politico-religieux qu’était l’Europe en cette fin de 17e siècle, Georg Muffat fut brinquebalé de pays en pays, de poste en poste – Alsace, Paris, Allemagne, Autriche, Italie, pour finir à Passau en Bavière du sud, où il est d’ailleurs mort. Mais ces mouvements le mirent en contact avec de nombreuses influences musicales : française, italienne, allemande, flamande (et donc espagnole, par envahisseur interposé), de sorte que son style peut réellement se caractériser de pan-européen.
    Dans la foulée, le CD nous propose plusieurs pièces de compositeurs plus ou moins contemporains de Muffat et qui travaillèrent tous en Bavière : le célèbre Pachelbel, le moins célèbre Johann Kaspar Kerll (élève de Frescobaldi et Carissimi, et dont Pachelbel a été l’organiste assistant), le pas vraiment célèbre Evaristo dall’Abaco – un musicien fort apprécié de son vivant, alors qu’il travaillait à la cour de Munich –, et le pas célèbre du tout Johann Christoph Pez qui fut très à la mode auprès de la Cour de Bavière, en particulier pour ses pièces italo-françaises qui furent maintes fois rééditées de son vivant.
    Aux commandes, l’ensemble Stylus Phantasticus dont le nom évoque ce style baroque d’une grande liberté de ton et de forme, celui des improvisations, des fantasias, des préludes délirants.
    Ce disque marque le commencement d'une longue collaboration de "Stylus Phantasticus" avec le label belge Accent.
 

Détail des pistes :

MUFFAT Georg
Nobilis Juventus - Adeliche Jugend
1 - 1     Ouverture (3mn 11s )    
1 - 2     Entrée d'Espagnols (1mn 39s )    
1 - 3     Air pour des Hollandois (54s )    
1 - 4     Gigue pour des Anglois (1mn 31s )    
1 - 5     Gavotte pour des Italiens (1mn 06s )    
1 - 6     Menuet I pour des François (2mn 16s )    

ABACO Evaristo Felice dall'
Concerto d'église à quatre en ré mineur, op. II/1
1 - 7     Largo (2mn )    
1 - 8     Allegro (1mn 19s )    
1 - 9     Andante (1mn 07s )    
1 - 10     Allegro assai (2mn 12s )    

PEZ Johann Christoph
Sonata ottava en sol mineur
1 - 11     Adagio - Presto - Adagio (2mn 44s )    
1 - 12     Fugue : Allegro (1mn 43s )    
1 - 13     (Dolce) (1mn 24s )    
1 - 14     Presto (1mn 29s )    

PACHELBEL Johann
Partita II en ut mineur
1 - 15     Sonate (1mn 40s )    
1 - 16     Gavotte (1mn 57s )    
1 - 17     Treza (25s )    
1 - 18     Air (55s )    
1 - 19     Sarabande (1mn 51s )    
1 - 20     Gigue (1mn )    

KERLL Johann Kaspar
Sonate à 3 en sol mineur
1 - 21     Adagio - Allegro (1mn 58s )    
1 - 22     Allegro (3mn 07s )    
1 - 23     (ohne Bez.) (2mn 13s )    

PEZ Johann Christoph
Sonata decima seconda en mi mineur
1 - 24     Adagio - Presto - Adagio - Presto - Adagio / Fugue : Allegro (5mn 23s )    
1 - 25     Dolce (1mn 01s )    
1 - 26     Allegro (1mn 16s )    

ABACO Evaristo Felice dall'
Concerto d'église à quatre en sol mineur, op. II/5
1 - 27     Largo (1mn 48s )    
1 - 28     Allegro e spiritoso (1mn 12s )    
1 - 29     Grave (1mn 34s )    
1 - 30     Allegro (1mn 29s )    

MUFFAT Georg
Sollicitudo
1 - 31     Ouverture (3mn 04s )    
1 - 32     Allemande (2mn 10s )    
1 - 33     Air (1mn 19s )    
1 - 34     Gavotte (44s )    
1 - 35     Menuet I - Menuet II - Menuet I da capo (2mn 05s )    
1 - 36     Bourrée (1mn 17s )    
1 - 37     Passacaille (3mn 41s )    

Georg Muffat et la musique européenne en Bavière




A    utour de 1700, à une époque de hautes luttes politiques pour la prédominence de l'Europe, la musique cherchait un langage international. C'est la Cour Bavaroise de l'Electeur Max Emmanuel qui nous en donne l'exemple le plus notoire par le mélange des styles musicaux qui s'y pratiquait.
    C'est de cette toute première représentation d'une Europe unie dont "Stylus Phantasticus" veut témoigner à travers ce programme.
    Les Suites de Muffat montrent éloquemment combien les compositions de ballet français et leur pratique d'exécution se diffusèrent dans l'espace germanophone, et plus spécialement dans le sud de l'Allemagne.
    Contrairement à Muffat qui aborde la composition pour cordes par le biais des danses de type français, Pez s'inscrit dans une tradition italienne qui trouve son origine dans la "Sonata" riche en variations et dont la composition est marquée par une structure typique à quatre voix : deux violons, une partie de basse obligée (viola da gamba o viola da braccio) et une basse continue. Le caractère aérien de l'écriture et la vélocité des parties de violon, sans perdre de vue non plus la sensualité, présentent un contraste saisissant avec la science de la composition par la densité contrapuntique des fugues, caractéristique du style allemand.
    Evaristo Felice dall'Abaco, le plus jeune des cinq compositeurs présents dans ce programme, profita du goût de la Cour allemande pour la musique française pour se familiariser avec elle. Violoncelliste, il importe l'instrument à Munich qui, à l'époque, est moderne, malgré son inclination pour la viole de gambe. Les "Concerti a quattro da chiesa" qu'il compose pour son employeur suivent le schéma que Corelli avait établi en Italie dès les années 1680.
    Tandis que Muffat, Pez et dall’Abaco représentent ce qui constitue la musique internationale la plus en vue dans les années 1700, les compositions placées au centre de ce disque renvoient, elles, à un autre niveau stylistique, bien qu’elles datent de la même période. Johann Pachelbel, né la même année que Muffat, exerça ses talents dans la ville impériale libre de Nuremberg, ville qui ne sera intégrée à la Bavière qu’en 1806. Il fut peut-être en contact avec son aîné, Johann Kaspar Kerll, à l’occasion d’un séjour à Vienne en 1674-75. Ses « Parties » doivent plutôt être rattachées, en matière de sonorité et de style, à la tradition des compositions de danse typiques de l’Allemagne du Sud (Biber, Schmelzer) ; elles illustrent ainsi un autre type de compositions d’ensemble liée à la danse, telles que l’on pouvait les entendre dans la zone géographique qui, grosso modo, constitue la Bavière d’aujourd’hui.
    Johann Kaspar Kerll incarne, enfin, ce que fut l’influence de la culture musicale italienne à la Cour de Munich et sa dimension internationale est indiscutable. Il déploie une composition à quatre voix au contrepoint dense, et l’on retrouve dans son style de composition des éléments concertants et liés à la danse.
    La Chapelle de la Cour bavaroise reflète mieux qu’aucune autre les différentes esthétiques européennes, et comment elle sut en faire son miel. Avec une efficacité bien supérieure aux efforts militaires qu’ils ont déployés, les différents monarques du continent, soucieux d’encourager les arts, ont contribué largement à une entente culturelle entre les « nations ». Aujourd’hui encore, les pièces de ce programme nous touchent, alors que les conflits guerriers qui ont marqué profondément cette époque ne survivent plus qu’à l’état de vagues souvenirs. Malgré son caractère éminemment éphémère, la musique se révèle ainsi bien plus efficace et pérenne que tout ce qui constituait, alors, la vie politique … « L’Euro-Vision » musicale de Muffat – pacifique, elle – s’est finalement révélée comme un modèle d’avenir !

Thomas Drescher
Traduction : Marcel Marty
Extraits du texte du livret d'accompagnement

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