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  • 1 CD Classique - ACC22156
  • Concertos baroques pour hautbois

    Bach - Händel - Marcello - Telemann

Diapason d'or 10 de Classica-Répertoire
En magasins : 23,40 
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Référence : ACC22156 5413633221561 - 1 CD 50:00 - DDD - Enregistré en septembre 2002 en l'église St. Apollinaire, Bolland (Belgique) - Notes en français, anglais, allemand
En vente sur ce site depuis le 30 janvier 2004
Date parution numérique : 1 janvier 2000
  • Pour commander par téléphone :
  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
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Alessandro Marcello (1684-1750)
Concerto pour hautbois, cordes & continuo en ré mineur

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
Sinfonia de la Cantate sacrée BWV 12 "Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen"
Sinfonia de la Cantate sacrée BWV 21 "Ich hatte viel Bekümmernis"
Sinfonia de la Cantate sacrée BWV 156 "Ich stehe mit einem Fuß im Grabe"

Georg Philipp Telemann (1681-1767)
Concertos pour hautbois, cordes & continuo
Fa mineur TWV51:f2 - Mi mineur TWV51:e1

Georg Friedrich Händel (1685-1759)
Concerto pour hautbois, cordes & continuo en sol mineur, HWV 287

Astor Piazzolla (1921-1992)
"Oblivion"

Il Gardellino
(Marcel Ponseele, hautbois - Ryo Terakado, violon - Sophie Gent, violon - Mika Akiha, alto - René Schiffer, violoncelle - Claus-Peter Nebelung, contrebasse - Shalev Ad-El, clavecin)
Direction (& hautbois) Marcel Ponseele

l n’existe pas, ou plus, de concertos pour hautbois de Bach. Ce qui en tient lieu, ce sont des sinfonias de cantates écrites pour hautbois et orchestre. Le mouvement d’introduction de la Cantate BWV 156, écrit pour hautbois et orchestre, est le même que le mouvement lent du Concerto pour piano BWV 1057 (les deux ouvrages datent des environs de 1730). Y aurait-il eu une version pour hautbois (ou violon) de ce concerto ? Il est très intéressant de noter que la version pour hautbois est infiniment moins ornée que celle pour clavier. Bach aura-t-il ajouté cette foison de petites notes au clavier pour compenser le manque de soutien sonore du clavecin, soutien que possède le hautbois ? Dans tous les cas, l’amateur éclairé aura un exemple parfait de l’art de l’ornementation, qui vaut mille traités ou ouvrages didactiques.
    Les concertos de Telemann, Haendel et Marcello, puis une milonga de Piazzola (!) offerts à nos oreilles permettent au soliste Marcel Ponselle de nous faire partager le son magnifique de son hautbois de l’époque baroque, un son plus rond – mais probablement moins transparent – que le hautbois moderne ; n’y voyez pas une opinion d’ordre qualitative, seulement uns simple observation : les deux instruments ont naturellement leur place dans le grand concert de l’humanité.
 

Détail des pistes :

MARCELLO Alessandro
Concerto Op.1 in d-minor for oboe, strings and continuo
1 - 1     Andante e spiccato (3mn 30s )    
1 - 2     Adagio (3mn 36s )    
1 - 3     Presto (2mn 55s )    

BACH Johann Sebastian
1 - 4     Sinfonia "Ich stehe mit einem Fuss im Grabe", BWV 156 (2mn 20s )    

TELEMANN Georg Philipp
Concerto in f-minor for oboe, strings an continuo, TWV 51:f2
1 - 5     Allegro (3mn 12s )    
1 - 6     Largo (2mn 30s )    
1 - 7     Vivace (2mn 17s )    

BACH Johann Sebastian
1 - 8     Sinfonia "Ich hatte viel Bekümmernis", BWV 21 (2mn 52s )    

HÄNDEL Georg Friedrich
Concerto in g-minor for oboe, strings and continuo, HWV 287
1 - 9     Grave (2mn 41s )    
1 - 10     Allegro (1mn 45s )    
1 - 11     Sarabande (Largo) (2mn 07s )    
1 - 12     Allegro (1mn 58s )    

BACH Johann Sebastian
1 - 13     Sinfonia "Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen", BWV 12 (2mn 17s )    

TELEMANN Georg Philipp
Concerto in e-minor for oboe, strings and continuo, TWV 51:e1
1 - 14     Andante (2mn 44s )    
1 - 15     Allegro molto (2mn 42s )    
1 - 16     Largo (3mn 45s )    
1 - 17     Allegro (2mn 31s )    

PIAZZOLLA Astor
1 - 18     Oblivion (4mn 18s )    

Concertos baroques pour hautbois



    "Après la flûte allemande, le hautbois est certainement le plus proche de la voix humaine s'il est manipulé d'une façon agréable et mélodieuse, ce qui requiert une disposition noble et, surtout, une connaissance complète de l'art du chant." (Johann Mattheson, Das Neu-Eröffnete Orchestre, Hambourg 1713)

    Le prototype du hautbois moderne fut développé en France au milieu du XVIIe siècle à partir de la chalémie et de la bombarde alto, et il trouva vite sa place au sein d'orchestres militaires et d'ensembles instrumentaux des cours européennes. De ce développement naquit un instrument plus facile à maîtriser et d'un timbre plus doux (malgré le nom "haut bois"), facilitant le couplage de l'instrument avec les cordes de la musique non-militaire.
    Le répertoire du hautbois s'élargit rapidement et il fut le premier des bois à jouer dans le nouveau genre de concerto instrumental au début du XVIIIe siècle. Des compositeurs italiens et allemands tels que Tomaso Albinoni et Georg Philipp Telemann furent les premiers à composer pour cet instrument.

    La première pièce de ce disque est l'un des concertos baroques les plus appréciés : le Concerto en ré mineur de Alessandro Marcello, concerto qui fut longtemps connu seulement sous la forme de l'arrangement pour clavecin seul (BWV 981) de Johann Sebastian Bach. Cette pièce fut ensuite attribuée à Antonio Vivaldi ou au frère cadet d'Alessandro, Benedetto, mais la découverte d'une collection imprimée de douze "Concerti a cinque" par divers compositeurs, publiée par Jean Roger d'Amsterdam en 1717/18, permit d'établir l'origine de cette œuvre, mais aussi de la dater approximativement.
    Le Vénitien, Alessandro Marcello, est en quelque sorte la brebis noire ici dans la mesure où il ne fut jamais musicien professionnel, mais incarnait plutôt le nobile dilletante du XVIIIe siècle. La musique était, pour un nobile dilletante, un passe-temps très sérieux poursuivi avec maîtrise à côté de ses obligations politiques et administratives en tant que membre d'une famille patricienne de Venise. De plus, Marcello étudiait la peinture, la philosophie et les mathématiques. Ses compositions furent présentées généralement dans un cadre académique privé, puis publiées sous son pseudonyme arcadien, Eterio Stinfalico.
    Même si le concerto de Marcello est, de par son style, le plus proche de celui de Vivaldi de tous dans cet enregistrement, il comporte quelques intonations qui durent aussi intéresser Bach. Le mode unique du mouvement lent est particulièrement frappant. Au-dessus des croches rythmées des cordes s'élève le hautbois en cantilène d'une beauté sans pareil, servant d'exemple parfait aux commentaires sur l'instrument de Mattheson en début de ce texte.

    "Le changement est source de distraction, je me mis donc aux concertos. Je dois pourtant reconnaître qu'ils ne vinrent pas du cœur, même si j'en écrivis un grand nombre."
    À aucun moment les nombreux concertos de Georg Philipp Telemann ne révèlent ce manque d'attirance pour le concerto exprimé dans son autobiographie de 1718. Au contraire, les contributions de Telemann sont très convaincantes grâce aux combinaisons intéressantes d'instruments, à la créativité thématique, et à travers une écriture idiomatique pour chaque instrument. Cette dernière faisait même parti du credo musical du compositeur, et à un autre endroit de son autobiographie écrit-il : "Donne à chaque instrument ce qui lui convient afin de stimuler l'interprète et donc de prendre du plaisir dans ton travail". Pour cela, la condition préalable était une maîtrise des divers instruments, et Telemann jouait, en outre, du clavecin, de l'orgue, du violon, du violoncelle, de la flûte, du chalumeau et même du hautbois. Les concertos de Telemann s'appuient pour la plupart sur le modèle d'œuvres plus anciennes, romaines ou vénitiennes, de la plume de Corelli ou d'Albinoni plutôt que sur l'exemple de Vivaldi. Ceci est particulièrement remarquable dans le mouvement "Andante" du Concerto en mi mineur (vers 1721) dont les basses rappellent celles de la Sonate en trio, et au-dessus desquelles le hautbois peut s'épanouir dans une merveilleuse cantilène parfaitement adaptée à l'instrument. Un autre point remarquable de ce concerto est la relation thématique qui s'établit entre les quatre mouvements, conférant ainsi à l'œuvre une unité peu commune. Le Concerto en fa mineur (avant 1730) très populaire, par contre, est en quelque sorte une exception dans l'œuvre générale de Telemann car il ne comporte que trois mouvements de toute évidence inspirés du modèle ritornello italien. De plus, la Sicilienne du mouvement lent donne à l'œuvre un air particulièrement "non-français" relevé par les contemporains de Telemann.

    Georg Friedrich Händel n'a jamais caché que le hautbois était son instrument préféré, et il écrivait régulièrement des pièces le mettant en valeur. Les trois concertos pour hautbois de Händel qui nous restent datent d'avant son voyage de 1706 en Italie. Le Concerto en sol mineur semblerait en être le premier. La première publication à Leipzig en 1863/64 soutint que Händel l'avait écrit à Hambourg en 1703, mais le manuscrit qui servit pour cette publication fut malheureusement perdu. À l'instar de Telemann, il semblerait que Händel ne s'intéressât point au type de concerto solo plus moderne, genre Vivaldi, mais plutôt au modèle plus ancien des œuvres de compositeurs tels que Albinoni, Valentini et Corelli où les rôles solo et tutti sont moins clairement démarqués. Toujours comme Telemann, le jeune Händel était capable d'écrire de la musique particulièrement idiomatique pour le hautbois. L'ornement de son rôle dans le premier mouvement et les guirlandes des mouvements rapides sont parfaitement adaptés au caractère de l'instrument. Le dernier mouvement est aussi un excellent exemple de la réutilisation que fait Händel de ses propres œuvres. Le thème de ce mouvement fut réutilisé pas moins de six fois (entre autres dans le second mouvement de son Concerto pour orgue op. 4 n° 3).

    La composition de concertos ne fit partie des attributions officielles de Johann Sebastian Bach que lorsqu'il prit la position de "Kapellmeister" à Köthen en 1717. Les premières séries d'arrangements de concertos de Vivaldi indiquent un intérêt personnel de Bach pour ce genre. On peut en dire autant de nombreux mouvements instrumentaux dans les cantates écrites à Weimar avant 1717. C'est particulièrement vrai des introductions aux Cantates BWV 21 et BWV 12 de 1714 qui ressemblent tellement au style d'écriture du concerto instrumental qu'elles pourraient presque être des mouvements centraux survivants de concertos perdus. La Sinfonia de la Cantate BWV 156 de 1729 est d'ailleurs mieux connue sous une forme ultérieure richement ornée : le mouvement de milieu du Concerto pour clavecin en fa mineur BWV 1056. La version de la Sinfonia n'est pas encore accompagnée des cordes en pizzicato. Nous ne savons pas si la version d'origine de cette musique se trouvait dans un concerto pour hautbois ou pour violon. La qualité cantabile agréable de ces mouvements d'introduction nous fait regretter d'autant plus qu'aucun concerto pour hautbois solo de Bach n'ait survécu.

Bernhard Blattman
Traduction : Godwin Stewart & Christopher Cartwright
© Accent 2004 – Reproduction interdite


À propos de cet enregistrement
Marcel Ponseele

    Après avoir joué du hautbois quelques mois alors que j'étais encore enfant, mon père m'a offert un disque 33 tours de concertos et symphonies de J.S. Bach. J'ai écouté ce disque tellement souvent qu'il serait maintenant possible de semer du cresson dans le sillon… il nous faut un exemplaire neuf d'urgence !
    Merci beaucoup, père !
    Il faudrait inclure parmi les compositeurs baroques quelqu'un qui, sur le plan chronologique, n'y a pas tout à fait sa place : Astor Piazzolla dont "Oblivion" me noie dans une sensation d'éternité, exactement comme le font les compositions de Bach.
    J'espère, chers amateurs de musique, que vous vivrez une expérience semblable, et je vous souhaite beaucoup de plaisir à écouter ceci.

Marcel Ponseele
© Accent 2003 – Reproduction interdite

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