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  • 1 CD Classique - 8572771
  • Thierry Lancino (né en 1954)

    Requiem

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Référence : 8572771 0747313277179 - 1 CD 72:09 - DDD - Enregistré les 7 et 8 janvier 2010 à la Salle Pleyel, Paris - Notes en français et anglais
En vente sur ce site depuis le 10 novembre 2011
Date parution numérique : 1 novembre 2011
  • Pour commander par téléphone :
  • 0892 259 770 (0,34 €/mn)
  • From Outside France (only) please dial +331 49269770
    English spoken
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Thierry Lancino (né en 1954)

Premier enregistrement discographique

Requiem (2009)
Commande de la Fondation Koussevitzky, du Ministère de la Culture et de Radio France
Livret de Pascal Quignard (né en 1948)
Création mondiale le 8 janvier 2010, Salle Pleyel

Heidi Grant Murphy, soprano
Nora Gubisch, mezzo-soprano
Stuart Skelton, ténor
Nicolas Courjal, basse
Chœur de Radio France
Orchestre Philharmonique de Radio France
Direction Eliahu Inbal

Le vaste Requiem de Thierry Lancino (né en 1954), que le compositeur décrit à la fois comme une "fresque épique" et une "cérémonie sacrée", est une contemplation éloquente de l'humanité, entre paganisme et christianisme, explorant les thèmes de la mort et du temps. Eliahu Inbal dirige l'Orchestre Philharmonique de Radio France sur cet enregistrement capté par France Musique lors de la création de l'oeuvre à Paris. La distribution vocale offre un superbe plateau de stars, à commencer par les deux français Nicolas Courjal et Nora Gubsich, ainsi que Heidi Grant Murphy et Stuart Skelton. Un véritable évènement !
 

Thierry Lancino
Requiem



     Thierry Lancino a reçu de Radio France, des Fondations Koussevitzky pour la Musique et du Ministère Français de la Culture la commande dʼun vaste ouvrage pour solistes, choeur et orchestre “destiné à renouveler la tradition des Requiem”. Tout en restant fidèle à la forme habituelle, lʼoeuvre puissante et audacieuse livrée par le compositeur nʼa rien de conventionnel : le compositeur y aborde le Requiem avec une perspective dramatique radicalement nouvelle, le repensant comme un oratorio sacré, ou, pour reprendre ses propres termes, comme “une fresque épique.” Provocante et singulière, lʼœuvre fait éclater le thème du temps et de la mort en lui conférant une dimension inédite.

     Ayant médité sur les divers moments où, durant sa vie, il a croisé la mort, le compositeur identifie le lien métaphysique particulier quʼil entretient avec la mort et le temps. Son désir naissant dʼécrire un Requiem sʼen trouve alors renforcé. Son inspiration lui vient en se penchant sur les sources latines de la Messe des morts, ce qui lui permet de prendre conscience dʼune présence païenne au sein du texte liturgique : “Dies irae … teste David cum Sibylla” (“Jour de colère… comme lʼont prédit David et la Sibylle”.)

     Ainsi, Lancino est rapidement persuadé que son Requiem doit inclure un dialogue entre la Sibylle païenne — mot latin issu du grec sibylla, la prophétesse — et le David biblique ; cette Sibylle, plus précisément la Sibylle de Cumes, doit venir faire contrepoids au rite liturgique. Le compositeur demande alors à Pascal Quignard dʼen écrire le livret.

     Dans les Métamorphoses dʼOvide, Apollon accorde à la Sibylle de Cumes la vie éternelle – ou autant dʼannées quʼil y a de grains dans une poignée de sable - en échange de sa virginité. Pour la punir de sʼêtre finalement refusée à lui, le dieu lʼabandonne à son vieillissement, puisquʼelle a omis de demander la jeunesse éternelle. Elle voit son corps dépérir et son vieillissement la diminue tant et si bien quʼil ne lui reste finalement plus que sa voix. Bien plus tard dans lʼhistoire de la littérature, lʼépigraphe du poème de T. S. Eliot The Waste Land jette un regard en arrière, citant un passage du Satyricon de Pétrone : “Car de mes propres yeux, jʼai vu la Sibylle suspendue dans sa jarre, et quand les enfants lui demandaient ʻSibylle, que désires-tu ?ʼ, elle répondait ʻJe veux mourir.ʼ”

     Ce Requiem propose une exploration de la mort et du temps. David est sur le point de mourir ; la Sibylle, dont les dieux ne sont plus depuis longtemps, ne peut atteindre la mort. Alors que David implore la vie éternelle, la Sibylle réclame le néant. Ce paradoxe explosif repose dans ce verset de la messe des morts depuis sept siècles sans jamais avoir été relevé. Il devient à la fois le point de départ et le moteur dramatique du Requiem. Ces positions antagonistes sont traitées sur le plan du texte, sur le plan philosophique et naturellement sur le plan musical – il sʼagit dʼune quête spirituelle.

     Au sein de lʼouvrage se produisent des myriades de juxtapositions qui incitent lʼauditeur à la réflexion et à la remise en cause ; si elles sont également importantes aux niveaux dramatique et musical, elles sont très discernables au niveau du texte. Dʼune manière générale, les versets liturgiques latins sont maintenus dans leur ordre traditionnel, mais ils sont entremêlés et tissés avec dʼautres textes en français, latin et grec, qui expriment souvent des points de vue en opposition. David chante ici en latin, car ce David-ci est la figure emblématique chrétienne ; la Sibylle prophétise en grec. Le français moderne établit le lien entre ces langues classiques et notre période actuelle.

     Avec des interventions chorales qui fonctionnent telles un choeur grec antique, les quatre solistes sont les principaux acteurs de lʼoratorio. David est chanté par le ténor et la Sibylle par la mezzo-soprano. La soprano est la figure humaine, le mortel qui souffre,

     Si le paysage musical est ample et dʼune portée considérable, la palette de lʼouvrage, qui balaye un vaste champ esthétique, demeure pleinement en accord avec elle-même et reste éloignée de toute approche dogmatique ou académique. Dans le Prologue, procession ponctuée de treize coups de percussion — grosses caisses, cloches tubulaires, gong et bol tibétain — la Sibylle est invoquée sur le plan du sacré, et sa présence est entourée des parfums dʼune Méditerranée antique, avec des sonorités de balafon, dʼaquaphone et de piano préparé. Dans le Kyrie, ses cris angoissés (“Je veux mourir !”, en grec) rivalisent avec le texte liturgique du chœur, qui semble enfler de façon exponentielle en un cri infini. Après une interruption abrupte, des sonorités plus consonantes apparaissent et, telle une résonance grandissante, elles mènent au Graduel.

     David semble en proie à une lutte intérieure : le guerrier plein dʼassurance du Psaume XVIII, enveloppé de la sonorité des bois, laisse place à un homme angoissé qui implore son Dieu, tandis quʼil est inexorablement entrainé vers le Dies irae. Et la violence du Jugement dernier cède à lʼinterjection de la Sibylle, qui à nouveau appelle sa propre fin. Elle est à son tour interrompue par David le guerrier (basse), qui reprend une fois de plus la liturgie, annonçant un immense effroi. Chargé maintenant de tout le poids du chœur, le texte se centre à nouveau sur le Jugement dernier (Mors Stupebit), le choc et la stupeur.

     A la suite du Rex tremendae, la soprano soliste apparaît pour la première fois, dépouillée soudain de tout accompagnement, dʼabord seule, puis rejointe par le pupitre des violoncelles (Ingemisco). Nous sommes ramenés ainsi sur le plan intime et humain, tandis que la figure humaine prie doucement pour son salut. Suivant toujours une logique de juxtaposition et dʼopposition, le Confutatis vient briser ces sonorités de salut par ses percussions perçantes. Cʼest alors David (le ténor) qui émerge de lʼensemble avec un plaintif “Voca me cum benedictis” et parvient, momentanément, à apaiser la Sibylle.

     Le Lacrimosa est un moment dʼintimité musicale et les solistes chantent en quatuor dans une harmonie profonde. Les appels à la mort de la Sibylle se cristallisent harmonieusement avec le “Dona eis requiem.” Le quatuor du Lacrimosa est doucement soutenu par le chœur, ce qui apporte un moment de réconfort et de répit qui se prolonge dans lʼOffertorium.

     La Sibylle retrace maintenant (en français) sa pitoyable errance dans les enfers (Chant de la Sibylle). Elle implore vainement ses dieux, depuis longtemps morts, de lui permettre de connaître le sort quʼeux-mêmes ont connu. Au nom de Déméter, elle demande en grec que lʼon sacrifie des taureaux pour sa propre mort. Son appel païen au sacrifice se juxtapose à lʼOffertorium, qui est un rappel du sacrifice interrompu dʼIsaac par Abraham, dont la foi aveugle a entraîné le renouvellement de la promesse de Dieu de lui donner une innombrable descendance. Les textes du chœur en grec et latin semblent lui apporter leur soutien jusquʼà la fin, mais ils aboutissent à une impasse paradoxale, le chœur implore Dieu (en latin) de les “faire passer de la mort à la vie”, alors que la Sibylle demande (en grec) que “la fin de la vie lui soit concédée dans la mort”.

     Un interlude orchestral céleste et fantastique scinde le Sanctus en deux, puis sʼélève dans une accélération vers le Chant de David ; David sent que sa fin est toute proche et se remémore le verset de la Bible (dans une variante de Quignard) : “Aucun de ceux qui vivent et croient en moi ne mourra pour toujours.” LʼAgnus Dei, tel une lente spirale descendante, débute a cappella puis rassemble quelques instruments. Il progresse en contrepoint pour enchaîner directement sur le Dona eis requiem conclusif. Là intervient lʼunique duo, plein dʼardeur, de David et de la Sibylle. Une lumineuse ligne de soprano reprend le flambeau tandis que les deux voix se dissolvent dans le chœur, sʼachevant par une quinte ouverte ambiguë.

     Le Requiem de Lancino ne choisit pas, mais plutôt, comme le dit Quignard, “laisse les deux désirs, les deux douleurs, face à face”, ne donnant pas de réponse. Il laisse lʼauditeur face à lui-même et dans lʼintrospection. Il cherche, pour citer le compositeur, “à atteindre en chacun de nous ces contrées intérieures lointaines où les âmes prennent refuge, et à toucher au mystère de la mort.”

Ben Finane
Traduction : David Ylla-Somers
© Naxos 2011 – Reproduction interdite


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