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lors que la dictature soviétique post-stalinienne débattait encore quant à savoir si la Dixième de Chostakovitch (créée en décembre 53, quelques mois après la disparition du Petit Père des Peuples) suivait bien la doctrine du réalisme socialiste, la planète entière se saisissait déjà de l’œuvre pour la placer définitivement au firmament des grandes œuvres du milieu du XXe siècle : New York en 54, Londres, Leipzig et Prague peu après. Il faut avouer que pour les sicaires du Parti, la Dixième fut un vrai casse-tête car, dénuée de tout programme décelable, elle n’entrait dans aucune case. Volkov, dans sa biographie très controversée de Chostakovitch, voyait dans le terrifiant Scherzo un portrait de Staline : libre à chacun d’y reconnaître qui bon lui semblera.
Les seuls éléments réellement reconnaissables sont d’une part le thème-signature du compositeur, ré-mi bémol-do-si, représentant en notation allemande D(imitri)-SCH(ostakovitch), et le motif mi-la-mi-ré-mi, reprenant le prénom Elmira, une jeune élève dont il était tombé amoureux – en le transposant d’une quarte, peut-être pour que Madame Chosta ne s’aperçoive de rien !
Trop rarement jouée, cette fabuleuse œuvre mérite réellement de rejoindre la Cinquième, la Septième ou la Huitième au grand panthéon du compositeur.
Détail des pistes :
SHOSTAKOVICH Dmitry
Symphony No. 10 in E minor, Op. 93
1 - 1 I. Moderato (22mn 45s )
1 - 2 II. Allegro (4mn 05s )
1 - 3 III. Allegretto (12mn 11s )
1 - 4 IV. Andante - Allegro (12mn 56s )
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