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oici trois compositeurs états-uniens, sans doute assez peu connus en France, appartenant tous à la génération ayant éclos après la Seconde guerre, avec son cortège de transgressions et de dangers : la Beat Generation, les anti-Vietnam, l’assassinat de Kennedy, la Guerre froide, Woodstock, le consumérisme à outrance, Bob Dylan, Jim Morrison et Jimy Hendrix… Mais dans un pays où n’existe pas cette Tour d’ivoire autoproclamée à la française, pas question d’écrire une musique que personne ne viendrait écouter – ou seulement pour profiter du buffet gratuit après le concert –, lourdement subventionnée par les pouvoirs publics et la radio nationale : il faut que cette musique nouvelle états-unienne plaise, pas nécessairement au grand public cocacolesque, mais au moins à une certaine intelligentsia cultivée, curieuse de nouveautés mais quand même pas masochiste. C’est dans ce créneau qu’évoluent des musiciens tels que Christopher Rouse, Michael Daugherty et David Maslanka.
Ne croyez pas pour autant que nos trois bonshommes écrivent de la musique facile, simpliste, putassière : c’est de la grande musique contemporaine, diablement écoutable mais diablement bien tournée, avec une science de l’orchestration et de l’architecture tout à fait aboutie. Wolf Rounds (2006) de Christopher Rouse mérite sa place aux côtés des meilleures œuvres d’aujourd’hui, avec son subtil mélange de cellules répétitives et d’irrésistibles développements cycliques. L’évocation de la meute de loups encerclant implacablement leur proie, si elle reste imaginaire, s’applique fort bien au langage orchestral que développe Rouse, avec ses cuivres grinçants et sa progression jusqu’au-boutiste d’une logique limpide. Un immense moment de musique contemporaine !
Plus inspiré de jazz à la Bernstein, voire du langage du Musical classique de Broadway des années 60, David Maslanka nous propose son Concerto pour trombone et ensemble de vents de 2007 – vents plus piano, contrebasse et violoncelle solo, quand même –. Enfin, l’écriture de Michael Daugherty dans Ladder to the Moon (2006) rappellera plutôt celle d’un Britten ou, par moments, d’un Ives ; toujours à la recherche de l’émotion et de la beauté, Daugherty évoque musicalement les peintures de Georgia O’Keeffe, avec ses fleurs d’une sulfureuse beauté et ses troublantes visions de New York, comme par exemple http://www.nytimes.com/imagepages/2007/02/16/us/16fisk.1.ready.html qui a inspiré le second mouvement Looking Up.
Détail des pistes :
DAUGHERTY Michael
Ladder to the Moon
1 - 1 I. Night, New York (9mn 34s )
1 - 2 II. Looking Up (10mn 16s )
MASLANKA David
Concerto for Trombone and Wind Ensemble
1 - 3 I. Requiem (10mn 49s )
1 - 4 II. Beloved (14mn 08s )
1 - 5 III. Be Content, Be Calm (10mn 06s )
ROUSE Christopher
1 - 6 Wolf Rounds (15mn 32s )
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