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vec sa Troisième et dernière symphonie, écrite en 39-40 et créée par son commanditaire, l’Orchestre de Chicago, Casella signe une œuvre sombre, ample, à la fois très moderne dans ses accents à la Prokofiev, Chostakovitch et Hindemith, et rétrograde avec ses évidentes références à Mahler, le grand amour musical de Casella. C’est dans le scherzo qu’il fait preuve de la plus violente révolte – aurait-il par hasard entendu la Cinquième de Chostakovitch, écrite à la même époque et dont quelques 78-tours avaient déjà passé la frontière ? –, tandis que le second évoque les plus amples et déchirantes lignes de Mahler… Cela dit, il s’agit d’une musique puissamment personnelle, dans laquelle les influences sont pleinement assumées, mais toujours intégrées dans ce langage symphonique italien de l’Entre-deux-guerres si reconnaissable.
Beaucoup plus tôt dans le siècle, en 1916, Casella avait écrit sa terrible Elégie héroïque, un intense moment d’horreur et de violence dans lequel on sent que Casella a pleinement intégré le Sacre, tout en s’inscrivant dans un cadre plus harmonique et tonal que Stravinski. Et pourtant, la création de l’œuvre fut un scandale : on accusa même le compositeur d’être anti-italien ! Il faut dire qu’à la même époque, Puccini déroulait, pour le plus grand délice des foules, les lignes outrageusement sucrées de Suor Angelica, du Tabarro et de Gianni Schicchi, à des années-lumière des explosions barbares de Casella. Cette Elégie héroïque est un grand moment de musique moderne à découvrir sans perdre un instant.
Détail des pistes :
CASELLA Alfredo
Symphony No. 3, Op. 63
1 - 1 I. Allegro mosso (11mn 26s )
1 - 2 II. Andante molto moderato quasi adagio (12mn 23s )
1 - 3 III. Scherzo (7mn 45s )
1 - 4 IV. Rondo Finale: Allegro molto vivace ed animato (13mn 54s )
1 - 5 Elegia eroica, Op. 29 (16mn 31s )
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