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eu connu en France, le compositeur ex-soviétique, maintenant russe, Rodion Chtchedrine est pourtant un acteur majeur de la scène musicale internationale. Ses œuvres n’ont-elles pas été créées par Bernstein, Rostropovitch, Bashmet, Venguerov, Svetlanov, Kondrashin, Temirkanov, Maazel, Menuhin, Ozawa ou Rojdestvenski, bref, le panthéon des grands noms depuis les années 60 ? Alors pourquoi diable n’est-il pas aussi célèbre en France qu’il l’est en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, en Russie naturellement, dans tous les pays nordiques… Peut-être est-ce son nom, imprononçable pour les porteurs de dentier. Il convient pourtant de le replacer à sa véritable position, celle de l’un des deux ou trois plus grands compositeurs russes d’aujourd’hui.
Si sa première période reste inspirée par les incontournables Prokofiev et Chostakovitch – il y a pire, en termes d’influences – Chtchedrine a rapidement trouvé sa propre voie : un mélange subtil d’incidences populaires (souvent imaginaires, comme pour Bartók), une orchestration fabuleusement colorée, un refus de toute avant-garde rigoureuse, beaucoup d’humour, encore plus d’émotion… Ni complètement tonal, ni dogmatiquement anti-tonal, il évolue dans un monde naturel et pourtant fantastique, reconnaissable dès la première écoute.
Son Quatrième concerto pour orchestre, de 1989, commence par un intrigant solo de flûte à bec alto venu du fond des temps ; ce n’est là que la première surprise de cette partition irrésistible, prenante de la première à la dernière note, débordante de nouveautés orchestrales. Remarque similaire pour le Cinquième concerto pour orchestre (de la même année que le Quatrième), mais le compositeur fait appel à un orchestre plus réduit, d’écriture plus chambresque.
Enfin, le CD s’achève par un hommage à Takemitsu, Kristallene Gusli (« Psaltérion de cristal ») de 1994. Chtchedrine y développe un langage plus contemplatif, sans doute inspiré de certains traits extrême-orientaux ; et ainsi que le titre l’indique, son écriture cristalline évoque celle du gusli, une sorte de cithare russe proche du psaltérion ancien ; le mélange de cordes aiguës, de pizzicati aériens, de cuivres en sourdine, dégage une impression d’extase tout à fait extraordinaire, inouïe.
Vraiment, s’il en est un à redécouvrir rapidement en France, c’est bien Chtchedrine, quand bien même il est imprononçable ! Les deux œuvres sont ici données en première mondiale discographique.
CHAN10585 - Paru le 25/03/2010
Détail des pistes :
SHCHEDRIN Rodion Konstantinovich
1 - 1 Concerto for Orchestra No. 4, "Khorovodi" (28mn 10s )
1 - 2 Concerto for Orchestra No. 5, "4 Russian Songs" (21mn 37s )
1 - 3 Khrustal'niye gusli (The Crystal Gusli) (8mn 40s )
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