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ui dit « mer », dans le monde musical, dit : Debussy en premier lieu, Chausson peut-être avec son Poème de l’amour et de la mer, Britten et les interludes de Peter Grimes, Elgar pour les Sea Pictures, Une barque sur l’océan de Ravel, Trénet en ratissant large, et c’est un peu tout… Et pourtant, Charles-Marie Widor a écrit en 1902 un cycle d’une quinzaine de mélodies, Chansons de mer. Widor, mélodiste ? Lui qui a plutôt hanté le milieu des immenses architectures à l’orgue, des sonorités imposantes des cathédrales, l’imagine-t-on dans le format intimiste de la mélodie française ? Et pourtant, il a presque composé autant de mélodies que Fauré, par exemple. Cela dit, le cycle Chansons de mer lui-même emprunte une forme bien particulière, de sorte que l’on pourrait y voir une sorte d’immense œuvre unique en quinze mouvements, disposés logiquement, enchaînés avec un souci architectural qui rejoint ses plus grands ouvrages pour orgue. Les tonalités, les dynamiques, les mouvements, tout fait preuve d’une cohésion infaillible et il semble quasiment impossible de singulariser une mélodie et de la donner seule.
Les autres mélodies du CD sont des œuvres isolées, souvent inédites, s’étalant de 1896 à 1916 – Widor était alors déjà un vieux monsieur –, qui témoignent de l’évolution très personnelle du musicien ; certes, il refuse tous les modernismes de l’époque, de l’atonalité à l’impressionnisme, mais il avance alors dans une logique propre, imprévisible et inclassable. Voilà bien une étonnante découverte pour tous les amateurs de mélodie française. Encore une fois, ce sont Messieurs les Anglais qui auront tiré en premier : c’est le baryton Michael Bundy qui officie, un habitué de Covent Garden et de l’English National Opera, dont l’accent français est par moments… couci-couça. Mais votre serviteur ne connaît aucun autre enregistrement complet et actuellement disponible, mais peut-être fait-il erreur ? Merci de vos éventuelles précisions. Quoi qu’il en soit, ce disque a le grand mérite de faire découvrir des œuvres jusqu'ici totalement négligées, et constitue pour le moins une version d'attente.
Détail des pistes :
WIDOR Charles Marie
Chansons de mer, Op. 75
1 - 1 La mer
1 - 2 A mi-voix
1 - 3 Sérénade italienne
1 - 4 Encore un soir qui tombe
1 - 5 La petite couleuvre bleue
1 - 6 A l’aube
1 - 7 Ce monde meilleur
1 - 8 Rosa, la Rose
1 - 9 Seul dans la nuit
1 - 10 Les nuages
1 - 11 Douleur précoce
1 - 12 Le ciel d’hiver
1 - 13 Les yeux et la voix
1 - 14 Repos éternel
1 - 15 La Nuit
1 - 16 Tristesse infinie
1 - 17 Nuit mystérieuse
1 - 18 Dormez, Mèlité
1 - 19 Oublieras-tu que d'heures douces
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