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l’ombre de son ami et mentor Beethoven, le pauvre Ferdinand Ries – qui fut également son secrétaire, son copiste, son souffre-douleur puis son biographe – n’avait aucune chance de se faire une véritable place au soleil de la postérité… De son vivant, on le voyait pourtant comme un romantique sauvage, et Schumann loua sa « remarquable originalité » : l’auditeur moderne saura-t-il se détacher de l’évidente influence de Ludwig van, pour découvrir qu’à son tour, Ries a pu servir de modèle à Schubert, Schumann, Weber ou Chopin ?
Entre la Sonate Op. 9/1, écrite en 1807 à Paris, et l’Op. 141 (1825), on peut mesurer l’abîme : la première, haydno-beethovenienne, se situe à mille lieues de la seconde, dont l’on peut à chaque page déceler l’évidente parenté avec Chopin, en particulier dans le dernier mouvement et ses accents à la polonaise ; et avec le premier Schumann. Mais en 1825, Chopin et Schumann n’avaient que 15 ans… cherchez l’œuf, cherchez la poule ! Il est donc grand temps de rendre à Ries sa place légitime parmi les compositeurs qui ont sérieusement compté en ce début de XIXe siècle. Si Schumann ne s’y est pas trompé, le mélomane d’aujourd’hui pourrait bien lui emboîter le pas.
Détail des pistes :
RIES Ferdinand
1 - 1 Piano Sonata in D major, Op. 9, No. 1: I. Allegro (10mn 41s )
1 - 2 Piano Sonata in D major, Op. 9, No. 1: II. Tempo di menuetto ma molto moderato (6mn 46s )
1 - 3 III. Theme con variazioni: Allegretto (12mn 30s )
1 - 4 Piano Sonata in A flat major, Op. 141: I. Allegro (14mn 30s )
1 - 5 Piano Sonata in A flat major, Op. 141: II. Adagio con moto (6mn 09s )
1 - 6 Piano Sonata in A flat major, Op. 141: III. Allegro (7mn 53s )
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