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usqu’à l’âge de 29 ans, Igor Markevitch était le nom d’un compositeur célèbre, qui ne dirigeait pas. Puis ce devint le nom d’un chef célèbre qui ne composa jamais plus. C’est sur sa première moitié de carrière que nous nous concentrons ici, celle du jeune homme qui sut capter l’attention de Diaghilev avant même d’avoir atteint dix-sept ans ; ce fut d’ailleurs l’ultime « découverte » de l’imprésario-organisateur-critique qui devait s’éteindre quatre mois après avoir lancé Markevitch, le second Igor.
En 1931, Rébus est créé à Paris : on crie au génie, tout en évitant soigneusement de parler d’enfant prodige car, en effet, le compositeur affiche dix-neuf ans à l’Etat-civil mais une maturité de maestro dans son écriture. On y décèlera sans doute l’influence de Hindemith bien plus que du premier Igor, d’autant que ledit premier Igor voit d’un sale œil l’arrivée de ce blanc-bec dont les œuvres sont données par les plus grands orchestres au monde à peine l’encre sèche. Quant au rébus en question, il est contenu dans les titres de quatre des parties de l’ouvrage : Dans de pauvreté, Gigue des nez,Variations de pas, Fugue des vices, il suffit de prendre le dernier mot de chaque pour obtenir « Pauvreté n’est pas vice ».
Les Hymnes de 1932, suivis de Hymne à la mort de 1936, nous montrent le Markevitch plus expérimental, plus avant-gardiste, quand bien même le format prend appui sur des chorals anciens. Manifestement, le compositeur a découvert Prokofiev et Chostakovitch, écarté les influences de l’autre Igor, et trouvé sa voie absolument personnelle. C’est là le plus étonnant de son œuvre, le plus abouti, et pourtant il n’a pas encore 25 ans… tout en étant proche de sa retraite en tant que compositeur. Les deux ouvrages, initialement séparés, ont été rattachés seulement en 1980, avec quelques modifications pour en faire un tout cohérent, en particulier la toute fin, où Markevitch offre aux cloches les trois notes de début d’un autre de ses chefs-d’œuvre, L’envol d’Icare ; la boucle est bouclée.
Et ce sont là les premiers enregistrements qui en furent jamais faits…
Détail des pistes :
MARKEVITCH Igor
Rébus
1 - 1 I. Prélude (2mn 01s )
1 - 2 II. Danse (3mn 53s )
1 - 3 III. Gigue (2mn 32s )
1 - 4 IV. Variations (3mn 43s )
1 - 5 V. Fugue (7mn 38s )
1 - 6 VI. Parade (5mn 53s )
Hymnes
1 - 7 Prélude (4mn 59s )
1 - 8 Hymne Premier [Hymne du Travail] (4mn 46s )
1 - 9 Hymne Second [Hymne au Printemps] (5mn 39s )
1 - 10 Hymne Troisième (5mn 34s )
1 - 11 Hymne à la Mort (7mn 45s )
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Gaetano Nasillo, violoncelle - Alessandro Ciccolini, violon – Marco Vitali & Michele Tazzari, violoncelle – Mara Galassi, harpe – Jesper Christensen, clavecin
Daniel Behle, ténor - Oliver Schnyder, piano
NV5808 - Navona Records
1 CD Classique
Paraîtra le 05/03/2012