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ne heure, voilà la durée précise – à quelques secondes près – de A Light Hour pour un minimum de dix percussionnistes, concocté par le Danois Per Nørgård en 2008. Chaque musicien utilise deux sources de son, l’une claire, l’autre sombre, même si certains passages exigent également des instruments à hauteurs définies tels que vibraphone, xylophone, marimba, gamelan, glockenspiel, steel drums jamaïcains etc., mais ces hauteurs elles-mêmes sont mises en relief dans un jeu de « sombre » et « clair ».
Quant au principe d’écriture, il procède des « séries infinies » développées par le compositeur, un avatar du modèle mathématique de la fractale, qui procède de « l’autosimilaire » : chaque motif contient le même motif en réduction, qui contient le même motif en réduction (tandis que le motif initial peut, lui-même, être contenu dans un motif similaire de taille supérieure). Les poupées russes, le chou-fleur romanesco, certaines formes de plumes d’oiseau ou de coquillages, épousent ce principe. En musique, c’est dans le domaine du rythme que l’on peut créer des fractales, par resserrement ou extension des figures rythmiques. La forme elle-même est fractale, puisque la première minute (composée de quatre notes) contient le matériau des quatre premières minutes, qui contient le matériau pour les seize premières minutes, qui contient le matériau récurrent de l’heure. Chaque segment est suivi d’une sorte d’interlude : le premier de quelques secondes puis un silence, le second d’une minute puis d’un silence plus long, le troisième de quatre minutes suivi d’un silence qui n’est autre que la fin de l’œuvre.
Naturellement, afin de ne pas créer de lassitude, les instrumentistes changent de sonorités, de vitesses, d’appuis : c’est leur liberté d’improvisation. Il leur échoit également de ménager des « trous » dans le discours afin que, selon les exigences de Nørgård, les sons clairs sonnent toujours ensemble, et les sons sombres toujours ensemble, ce qui ne serait pas possible en suivant la ligne mathématique.
Pour la présente lecture, ce sont rien moins que vingt-deux percussionnistes qui se sont rassemblés, autour d’un invraisemblable arsenal dont l’énumération aurait ravi Georges Perec. Pensez : kendang, ago-go, ching-ching, xiao luo, pai gu, darabuka, cajón, peng ling, gangsa, nao bo, dabachi, vibraslap, reong, shaker, rototoms, kempli, et encore, on ne vous dit pas tout.
Détail des pistes :
NORGARD Per
A Light Hour
1 - 1 I. (15mn 43s )
1 - 2 II. (16mn 37s )
1 - 3 III. (15mn 27s )
1 - 4 IV. (11mn 45s )
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