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hhhh, quand même. Avec ces brouettes de n-ièmes enregistrements des symphonies de Mahler, des Richard Strauss de service, des Bruckner-moi-aussi, par des chefs qui s’imaginent qu’on les a attendus depuis Mathusalem, cela fait du bien de voir quelques vraies nouveautés orchestrales. Car, incroyable mais vrai, la quasi-totalité de ce CD consacré à Carl Nielsen présente des premières discographiques mondiales !
L’œuvre majeure est la Cantate pour la cérémonie d’ouverture de l’Exposition nationale de 1909 à Århus, sur un livret de Nielsen (un autre Nielsen ; car il faut savoir qu’au Danemark, quelque 300.000 personnes partagent ce nom de famille, même si ce chiffre pâlit devant les 90 millions de Wang en Chine !) ; mais il convient de préciser que Nielsen n’écrivit que quatre des sept mouvements, déléguant les trois autres à son élève préféré Emilius Bangert (1883 – 1962 ; heureusement qu’il ne s’appelait pas Nielsen, sinon ça commençait à faire brouillon). Cela dit, nous ne vous dévoilerons pas quels mouvements sont de qui, afin que vous décidiez par vous-même si Bangert a correctement réussi à évoquer le style de son maître. Il convient également de noter que l’œuvre n’était pas, initialement, conçue pour être jouée d’un tenant : discours à la gloire de l’industrie danoise, de la culture danoise, du commerce danois, puis intervention du roi Frédéric VIII suivie d’une fanfare royale. Naturellement, on n’ira pas critiquer Nielsen pour la pompe un peu pompeuse de son propos, et le manque de hardiesse de son introduction ; après tout, il s’adressait à des visiteurs de salon commercial…
Nettement plus originale, la musique de scène (1923) pour l’Hommage à Holberg du poète Pedersen (le pays ne compte que 178.578 Pedersen) : c’est là le vrai Nielsen, puissamment évocateur, même s’il s’abstient des accents révolutionnaires de sa Cinquième symphonie, écrite à la même époque. Ce qui lui permit de se tailler un spectaculaire succès auprès du public d’alors, qui venait surtout voir une pièce de théâtre, et n’entendait sans doute pas subir une séance de modernisme musical… L’œuvre ne fut jamais reprise depuis, c’est donc là une grande première.
Autre pièce en première discographique, la Cantate pour la commémoration annuelle de l’université, écrite en 1908, que l’on joua plusieurs années de suite ; c’est là une œuvre bourrée d’esprit, d’idées en tout genre, dans une écriture chorale réjouissante, et une orchestration tout à fait originale. La presse de l’époque fut très favorable à la musique, mais le Journal chrétien estima que le livret était « de l’obscurantisme d’évolution darwinienne », étonnant retournement de situation de la part, justement, d’une institution par définition obscurantiste… Le librettiste Niels Møller (30.635 Møller au Danemark) dut donc retirer les parties du texte dans lesquelles l’Homme descendait du singe, et même les anciens rites d’adoration du soleil par les païens ; tandis que Nielsen dut changer la musique pour s’adapter. Vous avez dit obscurantisme ?
En bonbon, la musique de scène pour le Prologue Shakespeare de Helge Rode (seulement 375 Rode dans le pays, nom rare !), tout à fait délicieuse.
Détail des pistes :
NIELSEN Carl
Cantate pour le cérémonie d'ouverture de l'Exposition nationale d'Arhus
1 - 1 Partie I : N° 1. (4mn 15s )
1 - 2 Partie I : N° 2. (5mn 52s )
1 - 3 Partie II : N° 3. (1mn 47s )
1 - 4 Partie II : N° 4. (8mn 35s )
1 - 5 Partie II : N° 5. (1mn 40s )
1 - 6 Partie II : N° 6. (2mn 42s )
1 - 7 Partie III : N° 7. (2mn 22s )
Hommage à Holberg
1 - 8 N° 1. (3mn 41s )
1 - 9 N° 2. (3mn 29s )
1 - 10 N° 3. (2mn 03s )
Prologue aux célébrations à la mémoire de Shakespeare
1 - 11 Chanson d’Ariel (3mn 09s )
Cantate pour l’anniversaire de l'Université de Copenhague
1 - 12 Partie I : No. 1 (7mn 02s )
1 - 13 Partie I : No. 2 (8mn 08s )
1 - 14 Partie II : No. 3 (5mn 46s )
1 - 15 Partie III : N° 4. (3mn 13s )
Cantate pour le cérémonie d'ouverture de l'Exposition nationale d'Arhus
1 - 16 Récitation (2mn 01s )
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