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i, de nos jours, on associe le nom de Spohr avec celui de son mentor et ami Beethoven : ce serait là le réduire au premier tiers de sa vie, alors que Spohr continua à composer jusque dans les années 1850 ! De son vivant, il fut aussi célèbre que Beethoven, mais la postérité n’a guère eu pitié de lui. A tort, sans doute : d’aucuns voient en lui « le maître oublié ». Le Quatuor n° 31 date de 1846 ; il fut donné la même année chez Mendelssohn, en présence du maître de maison mais aussi de Wagner, et il semble que les deux musiciens ne tarirent pas d’éloges pour l’ouvrage – on connaît pourtant la légendaire dureté dentaire de Wagner ! Mélismes romantiques, errements harmoniques nuageux, mais dans une construction rigoureusement contrapuntique, à l’ancienne – pourquoi pas dans une veine que n’aurait pas reniée Weber –, voilà de quoi ravir les amateurs de curiosités.
Quant au 36e Quatuor de 1857, il représente l’ultime ouvrage du genre de Spohr, vieux maestro vénéré : une œuvre sombre, voire une sorte d’adieu à la vie, dans laquelle la tonalité finit lentement par se gommer à la faveur de chromatismes de plus en plus ardents, wagnériens presque. On comparera avec le Potpourri de 1808, aimable petite bluette de salon, sur des thèmes de Mozart.
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