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n ne peut pas dire que dans l’Italie du début du XXe siècle, l’art musical soit particulièrement orienté vers l’apprentissage et l’excellence des instrumentistes en général, des cordes en particulier. Un étudiant violoniste, c’était avant tout un futur membre d’orchestre destiné à anonymement accompagner des chanteurs dans le répertoire lyrique, basta. Ceux qui voulaient faire carrière n’avaient d’autre choix que de s’exiler hors d’Italie, du moins le temps de se faire une renommée. C’est précisément le chemin qu’emprunta la violoniste Gioconda De Vito (1907 –1994) ; après des études au Conservatoire de Pesaro, elle fit ses débuts à Rome à l’âge de seize ans dans le Concerto de Tchaïkovski, puis à 17 ans elle était déjà nommée professeur au Conservatoire de Bari, où plusieurs élèves étaient plus âgés qu’elle…
En 1932, elle remporta le Concours de Vienne (au jury : Koussevitzki, Jan Kubelik, Arnold Rosé, Clemens Krauss et Hubay, excusez du peu), ce qui lança sa carrière internationale. En 1938 elle se faisait entendre avec la Philharmonie de Berlin, mais la guerre vint interrompre son ascension, et en 1945, elle n’était plus le jeune prodige que tout le monde attendait, mais cela ne l’empêcha pas de se produire dans les plus grandes capitales mondiales, de Londres à Moscou, de Leipzig à Edimbourg, avec des partenaires aussi prestigieux que Furtwängler, De Sabata, ou Michelangeli et Mainardi dans le Triple concerto de Beethoven. En 1961, en pleine gloire, elle décida de se retirer plutôt que de subir une descente aux enfers ; une retraite tranquillou dans sa ferme du sud de l’Angleterre, parmi les canards et les écureuils.
Les présents enregistrements, Mozart et Brahms, datent respectivement de l’après-guerre, 1949, et de la guerre, 1941 ; une sonorité tout en douceur, chantante à l’extrême – l’incidence italienne, malgré tout ? –, boisée, sensible et émouvante, largement soutenue par Beecham très en forme pour Mozart, et Paul van Kempen à l’écoute permanente de sa soliste dans Brahms.
ANDRCD9066 - Paru le 21/06/2010
BRIL94026 - Paru le 08/04/2010
ANDRCD9059 - Paru le 18/01/2010
Détail des pistes :
MOZART Wolfgang Amadeus
Concerto pour violon & orchestre n° 3 en sol majeur, K 216
1 - 1 I. Allegro (8mn 54s )
1 - 2 II. Adagio (7mn 41s )
1 - 3 III. Rondo (6mn 55s )
BRAHMS Johannes
Concerto pour violon & orchestre en ré majeur, op. 77
1 - 4 I. Allegro ma non troppo (21mn 34s )
1 - 5 II. Adagio (10mn 10s )
1 - 6 III. Allegro giocoso ma non troppo (8mn 38s )
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