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es enregistrements des années 30, certes, mais d’une qualité sonore tout à fait remarquable – bravo au restaurateur Mark Obert-Thorn qui a su leur restituer un maximum de présence en gommant un maximum de cochoncetés. Toutes ces choses furent en leur temps publiées pour la marque Gramophone, pour être lus sur un gramophone – pour mémoire, le terme gramophone est réservé aux lecteurs de disques tandis que phonographe s’applique pour les cylindres, plus anciens –.
Il fallait donc au pauvre mélomane, outre une brouette pour trimballer la moindre symphonie un peu longuette, changer de face toutes les 4 ou 5 minutes (pratique pour danser !), tandis que les ingénieurs du son devaient se gratter la tête pour savoir où effectuer la coupure dans l’œuvre de manière à ne pas obliger les danseurs à rester une patte en l’air… Mais de nos jours, on peut entendre le Furtwängler de l’époque sans peine, et c’est une bénédiction, dans le cas d’une œuvre de 15 minutes telles que Tille Eulenspiegel, qu’il donne ici avec une fougue tout à fait extraordinaire.
Quant à considérer le chef comme tenant d’une tradition indécrottable, il suffit d’écouter sa vision de l’Ouverture de La Chauve-souris, dans laquelle il balaye justement toutes les imbéciles traditions perpétuées de médiocre en mauvais chef, comme par exemple l’injustifiable interruption entre l’introduction de quatre mesures précédant la célèbre valse, et tant d’autres qui défigurent une partition déjà largement bourrée de surprises et de ruptures en tout genre.
Wagner, naturellement, l’un des chevaux de bataille de Furtwängler depuis ses débuts, mais un Wagner largement dépoussiéré et débarrassé des lourdeurs toutes germaniques de service à la faveur d’une transparence de tous les instants. C’est d’ailleurs l’une des caractéristiques de tous ces enregistrements : la clarté et l’aération du propos ! Le Philharmonique de Berlin semble nager en plein bonheur dans cette vision quasiment chambresque d’œuvres pourtant massives. Et on rappellera qu’à l’époque, il était impossible de faire des montages, ni de tricher avec les prises. C’est donc du vrai, du solide, de l’authentique.
Détail des pistes :
WAGNER Richard
Lohengrin
1 - 1 Acte I : Prélude (9mn 44s )
Tristan et Isolde
1 - 2 Acte I : Prélude (10mn 23s )
1 - 3 Acte III : Liebestod (6mn 33s )
Götterdämmerung
1 - 4 Acte III : Marche funèbre de Siegfried (8mn 23s )
BRAHMS Johannes
1 - 5 Danse hongroise n° 1 en sol mineur (2mn 53s )
1 - 6 Danse hongroise n° 10 en fa majeur (2mn 01s )
STRAUSS II Johann
La Chauve-souris
1 - 7 Ouverture (8mn 21s )
STRAUSS Richard
1 - 8 Les Joyeuses Equipées de Till l'Espiègle, Poème symphonique, op. 28 (14mn 55s )
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Friederike Heumann, viole de gambe - Patric Sepec, violoncelle baroque - Eduardo Egüez, théorbe - Dirk Börner, clavecin & orgue
NV5812 - Navona Records
1 CD Classique
Paraîtra le 05/03/2012