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  • 1 CD Classique - 1C1172
  • Gabriel Fauré

    Œuvres concertantes

5 de Diapason
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Référence : 1C1172 3377891311728 - 1 CD Digipack : 63:59 - DDD - Enregistré en septembre 2005 à Rennes - Notes en français et anglais
En vente sur ce site depuis le 2 avril 2009
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Gabriel Fauré (1845-1924)

Ballade pour piano & orchestre, op. 19 (1879-1881)
Berceuse pour violon & orchestre, op. 16 (1878-1880)
Élégie pour violoncelle & orchestre, op. 24 (1883-1897)
Concerto pour violon & orchestre, op. 14 (1878-1879)
Romance pour violoncelle & orchestre, op. 69 (1894, orch. Henri Büsser)
Fantaisie pour flûte & orchestre, op. 79 (1898, orch. Louis Aubert)
Fantaisie pour piano & orchestre, op. 111 (1918, orch. M. Samuel-Rousseau)

Jean-Marc Philipps-Varjabédian, violon
Henri Demarquette, violoncelle
Juliette Hurel, flûte
Jérôme Ducros, piano
Orchestre de Bretagne
Direction Moshe Atzmon


'œuvre concertante de Gabriel Fauré n'est pas servie au disque à la mesure de sa qualité exceptionnelle. Le compositeur y fait pourtant preuve d'une remarquable imagination et fait chanter les instruments solistes avec un lyrisme qui n'appartient qu'à lui. Des pièces pour la première fois rassemblées sur un seul disque et interprétées par des artistes déjà consacrés comme des maîtres de leur instrument.
Une parfaite réussite à laquelle contribue également la très belle sonorité de l'Orchestre de Bretagne.
 

Détail des pistes :

FAURÉ Gabriel
1 - 1     Ballade for piano & orchestra, op. 19    
1 - 2     Berceuse for violin & orchestra, op. 16    
1 - 3     Élégie for cello & orchestra, op. 24    
1 - 4     Concerto for violin & orchestra, op. 14    
1 - 5     Romance for cello & orchestra, op. 69 (orch. Henri Büsser)    
1 - 6     Fantaisie for flute & orchestra, op. 79 (orch. Louis Aubert)    
1 - 7     Fantaisie for piano & orchestra, op. 111 (orch. M. Samuel-Rousseau)    

 Cliquez pour écouter le podcast lié :

Gabriel Fauré
Œuvres concertantes : Miscellanées



    Pour une très ancienne militante de Gabriel Fauré sollicitée d’écrire ici un court texte de commentaire, ce disque est un embarras.

    L’idée en est excellente, puisque le couplage est pour ainsi dire inédit, et possède le mérite de composer un ensemble cohérent, propre à mettre en valeur les interprètes. Elle offre même à ces œuvres (soit originellement écrites avec accompagnement d’orchestre, soit orchestrées par le compositeur ou un collègue) une place bien déterminée sur l’étagère Fauré, et en un seul volume, ce qui ne gâche rien, à l’onglet « œuvres concertantes »... Fauré n’ayant pas composé le grand concerto romantique qu’on espérait, voici tout de même un disque de concertos de Fauré !

    Mais ce n’est pas faire injure au malicieux et doux compositeur que de l’affirmer : les œuvres ici réunies dans l’ordre chronologique simple (Fauré avait bien vu, aussi, et avec quelle avance, les nécessités de l’industrie discographique...) comportent deux chefs-d’œuvre, la Ballade et la Fantaisie, qui encadrent des pièces de genre, certaines inoubliables, d’autres moins — et certaines même célébrissimes ! Mais quoi ? Pas une mélodie ? Pas de Requiem, ici ? Pas d’Impromptu ? Pas de Sonate pour violoncelle ?

    Il semblerait un peu tard et vain de chercher ailleurs que chez Jean-Michel Nectoux et son définitif Gabriel Fauré, les voix du clairobscur 1, les informations que la curiosité nous pousse à trouver sur les œuvres offertes par le présent enregistrement. L’ouvrage a connu une seconde édition revue en 2008 et quoique la préface s’en achève par ces mots d’amour : « La recherche sur l’œuvre de Gabriel Fauré ne fait que commencer », l’auteur aura placé la barre haut, et il le sait bien. On y puisera donc ici, sans craindre de l’épuiser, on recommandera au lecteur de s’y plonger.

    Fauré semble tourner le dos à l’orchestre toute sa vie. Ses pièces symphoniques, pour nombre d’entre elles orchestrées par d’autres, laissent une curieuse sensation d’hétérogénéité. Nectoux souligne que le fait que Fauré ait laissé « inédites ses plus vastes compositions symphoniques, tendrait à prouver à la fois son ambition en ce domaine et son insatisfaction finale ». La sorte de petite perversité de ce disque est d’aller chercher l’orchestre partout, alors que Fauré en semblait souvent embarrassé.

    Pièce pour piano seul ou avec accompagnement d’orchestre ? La Ballade, ce chef-d’œuvre ; même elle, idéale dans sa version avec orchestre, déjà idéale dans sa version pour piano seul, s’y est prise à deux fois : 1879, puis 1881. La Ballade était l’une des pièces que Fauré pianiste n’a jamais cessé d’interpréter en public toute sa vie durant et que, selon Nectoux, Debussy « assimilait au geste d’une jolie femme » 2. Fauré quant à lui donnait à Alfred Cortot Les Murmures de la forêt de Wagner comme source d’inspiration indirecte de l’œuvre... 3

    La Berceuse quant à elle est le bis idéal et bien-aimé de tous les violonistes dans sa version avec piano. Elle connut immédiatement un succès qui ne s’est pas démenti, contribuant peut-être à entériner la réputation peu justifiée de mièvrerie qu’on a longtemps attachée à la musique de Fauré. Sa version avec orchestre est signée de Philippe Gaubert et date de 1913.

    L’Élégie pour violoncelle n’est pas moins célèbre mais d’une inspiration plus élevée. C’est un hymne funèbre qui débute par une scansion implacable et plus loin s’abandonne, surtout dans cette version orchestrale, à un lyrisme comme une échappée. Ici, c’est Fauré qui a tenu la plume pour l’orchestration.

    Et puis, il y a le plus intriguant : ce Concerto pour violon dont il fallu attendre longtemps pour avoir un premier enregistrement jadis réalisé par nos amis anglais, fidèles supporters du compositeur. De Fauré, ce concerto ? Oui — avec pourtant des traits, de la virtuosité, avec une ambiance bien réelle de concerto pour violon convenable, vous en jugerez ; avec une jeunesse de caractère aussi, et tout un jeu malin de systèmes et d’effets qui nous rappellent plein de jolies choses entendues déjà, mais pas l’inspiration des quatuors avec piano, ou de la Bonne Chanson. Une œuvre de jeunesse qui n’est pas déshonorante, une curiosité.

     La Romance pour violoncelle et piano opus 69 reprend quant à elle un thème magnifique déjà utilisé dans la musique de scène de Shylock.

     Morceau de concours pour le Concours du Conservatoire qui eut lieu le 28 juillet 1898, la Fantaisie pour flûte et piano a bénéficié très tardivement, en 1957, d’une orchestration réalisée par le grand musicien que fut Louis Aubert (1877-1968), créée par Oubradous et Jean-Pierre Rampal en soliste à la Salle Gaveau en février 1957.

     Enfin, la Fantaisie pour piano et orchestre, d’abord composée pour deux pianos, reçut sa création officielle par son dédicataire, Alfred Cortot, le 14 mai 1919 à Gaveau, sous la direction de Vincent d’Indy lors d’un concert de la Société Nationale de Musique. La merveilleuse Magda Tagliaferro racontait que, encore petite fille, Fauré, qui l’appelait « sa petite brésilienne », fit une tournée avec elle au cours de laquelle ils jouèrent à deux pianos l’œuvre dans toute la France, à de nombreuses reprises. L’orchestre rajoute ici selon nous une sorte de convention de concert, qui la rend moins libre et neuve que dans sa version originale, qui l’éloigne aussi de la musique de chambre.

    En somme, l’orchestre éloigne Fauré du salon. D’un salon qui n’a rien à voir dans la musique de cette époque avec le style « salonnard » dont — tout comme l’impressionnisme en musique à la même période — le caractère est bien périlleux à fixer sérieusement ! Comme si l’on pouvait imaginer gommer chez un artiste un prétendu défaut en effaçant du même coup l’essence même de son génie. Peu importe, a-t-on envie de dire : jouez Fauré ! Jouez Fauré ! Pour un compositeur « salonnard », il ne se défend pas si mal !

Hanna Krooz
© Timpani 2008 – Reproduction interdite

Notes
1. Éd. Fayard, Paris, 2008, 847 p.
2. Op. cit., p. 68
3. Op. cit., p.76

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